C'est pour remplir notre devoir de nomenclateur, que nous insérons ici
le jeu de bagues, qui ne peut être facilement joué qu'avec un attirail
considérable, comme celui qui se dresse dans les grandes fêtes de
village. Si l'on n'a pas vu un jeu de bagues ainsi disposé, on ne pourra
en avoir qu'une idée imparfaite. Celui que l'on fabriquera soi-même sera
composé de quelques anneaux suspendus à des fils très-minces, qui seront
attachés le long d'un bâton court. En fixant ce bâton à un arbre ou à un
poteau, de manière qu'il s'avance, le jeu consistera à enfiler ces
bagues, en courant, dans une baguette que l'on tiendra à la main.
Le jeu de bagues fut en grand honneur dans les siècles derniers,
principalement sous le règne de Louis XIV. Le grand roi, suivi de tous
les seigneurs de sa cour, revêtus de costumes de caractère, _courait la
bague_, ainsi que l'on disait, à cheval et avec un appareil magnifique.
On appelait ces divertissements _carrousels_, et l'une de ces fêtes
s'étant donnée près du palais des Tuileries avec un éclat
extraordinaire, le lieu en prit le nom de place du Carrousel. Quelques
régiments de cavalerie pratiquent encore cet exercice dans les jours de
fête, et il est difficile de rien voir de plus gracieux que les
évolutions qui se font à cheval pour saisir les bagues.