C'est la bossue de ma cour. Elle ne rêve que plaies à cause de sa bosse.
Les poules ne lui disent rien. Brusquement, elle se précipite et les
harcèle.
Puis elle baisse sa tête, penche le corps, et de toute la vitesse de ses
pattes maigres, elle court frapper de son bec dur juste au centre de la
roue d'une dinde.
Cette poseuse l'agaçait.
Ainsi, la tête bleuie et ses barbillons rouges à vif, elle rage du matin
au soir. Elle se bat sans motif, peut être parce qu'elle s'imagine
toujours qu'on se moque de sa taille, de son crâne chauve et de sa queue
basse.
Et elle ne cesse de jeter un cri discordant qui perce l'air comme une
pointe.
Parfois elle quitte la cour et disparaît. Elle laisse aux volailles
pacifiques un moment de répit. Mais elle revient plus turbulente et plus
criarde. Et, frénétique, elle se vautre par terre.
Qu'a-t-elle donc?
La sournoise fait une farce.
Elle est allée pondre son oeuf à la campagne.
Je peux le chercher si ça m'amuse.
Elle se roule dans la poussière, comme une bossue.