Teucrium Polium L. _var._

Plantago ciliata Desf.

P. amplexicaulis Cav.

Atriplex mollis Desf.

Euphorbia glebulosa Coss. et DR.

Allium Cupani Raf.

Asphodelus tenuifolius Cav.

Panicum Teneriffæ R. Br.

Pennisetum ciliare Link.

Aristida Adscensionis L. _var._ pumila.

Le 12, dès l’aube, nous sortons de nos tentes encore raidies

par la pluie qui vient de cesser. Le Chott a perdu son bel éclat

argenté : une couche d’eau le recouvre et reflète tristement

un ciel livide. Cependant il faut partir. Nous revenons sur nos pas

pour prendre le lit de l’Oued Châba, dont nous suivons d’abord

les spirales. Nous abordons ensuite des pentes où des veines de

gypse solide alternent avec des marnes dans lesquelles les chevaux

enfoncent jusqu’aux genoux. Les chameaux avancent encore plus

péniblement. Les flancs disloqués de la montagne forment de grandes

masses séparées dont la crête rocheuse s’incline vers le sud. Plus

avant nous rencontrons des couches tourmentées de gypses noirs et

plus loin des parties de la montagne qui ont gardé l’horizontalité

primitive de leurs assises. Enfin, devant nous, se dresse une ligne

de faite formée par des bandes de calcaire rompues brusquement de

notre côté et qui pendent vers le nord, avec une inclinaison de 20

degrés. Nous franchissons par une brèche cette muraille et nous nous

arrêtons un instant pour attendre le convoi. Je profite de la halte

pour fouiller les anfractuosités où poussent quelques touffes de

_Moricandia suffruticosa_, d’_Euphorbia Bivonæ_ et de beaux pieds

de _Reseda Alphonsi_, plante qui ne manque à aucune des montagnes de

la région. La descente, longue mais facile, s’effectue d’abord en

suivant une véritable corniche de pierre sur une pente régulière

où le _Galium petræum_ croît seul dans les crevasses du rocher ;

puis dans le lit de l’Oued Taferma qui descend assez rapidement vers

la plaine, coupé par des ressauts quand il rencontre une couche de

calcaire dur. Le long de ses bords croissent des buissons de _Zizyphus

Lotus_, de _Retama Rætam_ et de _Rhus oxyacanthoides_ ; sur les

roches hantées par les Goundis poussent des échantillons d’une

grandeur exceptionnelle de _Senecio Decaisnei_. Nous établissons

notre campement en face d’un ghedir, au-dessus du dernier relèvement

rocheux de la montagne dont les tranches supérieures nous fournissent

une récolte intéressante de fossiles. Vers le nord, l’Oued

Taferma, sorti enfin des défilés, serpente en s’étalant dans

les courbes. Son lit est couvert d’une végétation abondante ; au

milieu des Jujubiers, des _Retem_ et des Ricins, pullulent l’_Ononis

angustissima_ et l’_Hedysarum carnosum_.

Nous y constatons en outre :

Nigella Hispanica L. _var._ intermedia.

Matthiola oxyceras DC. _var._ basiceras.

Reseda Arabica Boiss.

Dianthus serrulatus Desf. _var._ grandiflorus.

Trigonella stellata Forsk.

Hippocrepis bicontorta Lois.

Neurada procumbens L.

Paronychia longiseta Webb.

Scabiosa arenaria Forsk.

Gymnarrhena micrantha Desf.

Rhanterium suaveolens Desf.

Pyrethrum trifurcatum Willd.

Atractylis citrina Coss. et Kral.

A. prolifera Boiss. _var._ ?

Centaurea contracta Viv.

Zollikoferia resedifolia Coss.

Dœmia cordata R. Br.

Celsia laciniata Poir.

Linaria laxiflora Desf.

Arthratherum pungens P. B.

Le 13, nous coupons les méandres de l’Oued Taferma et nous nous

dirigeons au nord-est à travers une large plaine au sol craquelé,

sans ondulations et sans broussailles. A partir d’un douar près

duquel croît le _Crozophora verbascifolia_, un changement se produit

dans la végétation : la belle forme d’_Atractylis_ du Djebel

Cherb fait place au type de l’_A. prolifera_ ; l’_Atractylis

flava_, très abondant, succède à l’_A. citrina_. Je recueille

aussi le _Centaurea Omphalodes_ que je n’avais pas encore vu en

Tunisie. En atteignant le pied des collines qui ceignent la plaine

du côté du nord et dont nous traversons la pointe occidentale,

nous rencontrons un terrain pierreux, puis, sur le versant opposé,

les sables qui forment le lit de l’Oued Gourbata. Nous marchons

autant que possible sur les rives parmi les touffes des Graminées

pour éviter les piqûres affolantes de ces imperceptibles moustiques

que les Arabes appellent ouech-ouech. Aussi, sans nous préoccuper

des gazelles qui fréquentent ces parages, nous précipitons notre

allure pour arriver au Bordj Gourbata, composé de deux misérables

maisons en terre grisâtre réunies par une cour fermée.

Le reste de l’après-midi est consacré à une promenade au nord-est

du Bordj. J’y retrouve l’Oued Gourbata avec de l’eau et sans

moustiques, mais ses sables mouvants m’interdisent le passage

et je me contente d’explorer un bas-fond de la rive gauche ;

au-dessous des _Tamarix_ de la berge s’étend une véritable

plate-bande de plantes fleuries : _Sisymbrium coronopifolium_,

_Malcolmia Ægyptiaca_ var., _Malva Ægyptia_, _Astragalus cruciatus_,

_Lotus pusillus_, _Paronychia longiseta_, _Ammodaucus leucotrichus_,

nouveau pour la Tunisie, _Microrhynchus nudicaulis_, _Centaurea

Omphalodes_, _Danthonia Forskalei_. L’_Hedysarum carnosum_ abonde

surtout, ainsi que le _Pennisetum ciliare_ et les _Arthratherum_

déjà notés. Cette lisière multicolore contraste avec la teinte

grisâtre ou glauque de la plaine qui entoure le Bordj et se déroule

à l’horizon vers l’est ; des Salsolacées ligneuses vulgaires, le

_Limoniastrum monopetalum_, l’_Atriplex Halimus_ et son congénère

l’_A. mollis_, en composent seuls la maigre végétation frutescente.

Il nous faut pourtant l’aborder le lendemain ; heureusement le

sol est criblé de trous de gerbilles ; les gracieux rongeurs qui

traversent à chaque instant la route ou stationnent au bord de

leur terrier, offrent à nos tireurs des distractions sans cesse

renouvelées, et nous font oublier à la fois la monotonie du paysage

et la longueur du chemin. Enfin, la plaine se peuple de petites buttes

couronnées de Jujubiers et d’_Atriplex_, et nous ne tardons pas à

apercevoir l’oasis de Gafsa qu’annoncent des massifs d’Oliviers

au delà desquels les troncs élancés des Dattiers élèvent leur cime

élégante. Le chemin se resserre entre deux murs et domine de chaque

côté des jardins ou vergers d’une fraîcheur et d’une fertilité

merveilleuses. Nous sommes ici à la limite du Dattier dont les

régimes y mûrissent mal, mais les arbres fruitiers, même des pays

très tempérés, comme les Poiriers, les Pommiers et les Cognassiers,

y acquièrent une taille et un développement extraordinaires. J’y

constate un grand nombre de superbes Micocouliers (_Celtis australis_)

et je remarque dans un grand jardin une belle culture de Soleils

(_Helianthus annuus_). Nous atteignons bientôt la ville, nous suivons

des rues où les pierres antiques constituent des pans entiers

de murailles, nous nous arrêtons un instant près du Dar-el-Bey

pour admirer le bassin de la grande source thermale tout peuplé de

_Chromis_ et, après avoir longé la curieuse façade de la citadelle,

nous allons planter nos tentes à l’ouest de la ville, un peu en

avant du monticule où s’éleva jadis la cité ancienne de Capsa.

Le désir de prendre du repos et aussi la nécessité de remettre

nos équipages en état nous retiennent quelques jours à Gafsa, dont

le séjour nous est rendu très agréable par l’aimable accueil de

M. le colonel d’Orcet et des officiers qui l’entouraient.

Les environs de Gafsa et l’oasis ayant été explorés avec soin,

d’abord par M. Doûmet-Adanson en 1874, et cette année par M. le

Dr Robert, ainsi que par mes collègues de la mission botanique

MM. Doûmet-Adanson et Bonnet, nous bornâmes nos explorations à la

visite d’anciennes carrières souterraines situées aux portes de la

ville, où mon compagnon M. Lataste captura quelques chauves-souris,

seuls habitants de ces latomies sur lesquelles l’imagination arabe

a brodé des légendes merveilleuses.

=VIII=

=De Gafsa à Tebessa, hauts plateaux tunisiens.=

Lundi, 20 juin. Les mulets et les hommes du train, attendus depuis

deux jours, étaient arrivés la veille. L’oasis de Gafsa menaçait

de devenir pour nous une Capoue. Nous partîmes enfin en prenant une

route tracée par nos soldats, sous les auspices du général Hervé,

et qui coupe la plaine vers le nord. Nous laissons à droite et à

gauche de petits massifs isolés dont les couches, inclinées sur

tous les flancs, ressemblent à de gigantesques carapaces de tortues,

brisées et fossilisées. La végétation est maigre et ne présente

que des espèces vulgaires, si ce n’est auprès d’une ruine romaine

où commence à apparaître le _Sideritis montana_, avant-garde de

la flore des hauts plateaux. Cependant, les buissons de _Zizyphus

Lotus_ deviennent abondants et touffus. De grands vautours fauves nous

signalent en s’envolant l’approche du puits où d’ordinaire on

fait la grande halte et qu’entourent de belles touffes de _Linaria

laxiflora_. Nous marchons toujours, bien que l’heure soit avancée

et la chaleur pesante, espérant rencontrer quelques gros buissons

ou quelque arbre qui nous prête son abri ; nous finissons par nous

installer au bord de l’Oued Feriana, qu’on appelle plus souvent

Oued Sidi-Aïch dans cette partie de son cours, et dont nous avions

aperçu de la route les galets blancs et polis. Pendant que le feu

s’allume et qu’on étend des couvertures sur les buissons de

_Retem_ pour créer un peu d’ombre malgré le soleil perpendiculaire,

je fouille dans les détritus déposés le long des berges par les

dernières crues et j’y trouve avec joie les coquilles d’une

douzaine au moins d’espèces de Mollusques divers dont près de

moitié n’ont jamais été rencontrés en Tunisie.

Nous franchissons l’oued et nous nous dirigeons vers une montagne

aux roches sombres ; nous ne tardons pas à apercevoir à leur pied

des tombeaux antiques à étages, des ruines et les restes d’un

camp que nos troupes ont récemment abandonné. A droite, dans un

bas-fond, se cache un caravansérail avec un puits, près duquel

nous campons. Au-dessus de nous, de la muraille brune formée par les

grandes tranches calcaires de la montagne, descend en ligne tortueuse,

comme un escalier, un ravin formé d’assises superposées sur

lesquelles s’étagent des buissons épineux et courent des Goundis.

Nous y faisons une rapide exploration, mais notre escalade est trop

tôt interrompue par la nuit, car cette localité intéressante,

malgré son caractère encore saharien, nous offre quelques

représentants de la flore des hauts plateaux :

Nous y notons en effet les _Paronychia nivea_, _Centaurea pubescens_,

_Callipeltis Cucullaria_, _Reseda Duriæana_, à côté des _Farsetia

Ægyptiaca_, _Dianthus serrulatus_ var. _grandiflorus_, _Astragalus

cruciatus_, _Polycarpæa fragilis_, _Eryngium ilicifolium_ (en

énormes touffes), _Leyssera capillifolia_, _Senecio Decaisnei_,

_Linaria laxiflora_, _Arthratherum ciliatum_, _Chloris villosa_,

_Eragrostis sporostachya_.

Le lendemain, nous reprenons la route officielle de Feriana et

remontons le cours de l’oued, le long de collines rocheuses, où

nous capturons des rongeurs. Vis-à-vis d’un confluent, quelques

Oliviers sont les seuls arbres dignes de ce nom que nous ayons

rencontrés depuis notre départ de Gafsa ; sur l’autre bord, le

_Retama sphærocarpa_, couvert de fleurs jaunes, nous apparaît pour

la première fois. Nous coupons ensuite une plaine basse d’alluvions

sans grand intérêt. Cependant la chaleur est devenue intense et,

pour faire halte, à défaut d’arbres, nous nous réfugions dans

l’embouchure d’un oued latéral, dont les hautes berges sont

creusées en niches arrondies. En face de nous, le lit de la rivière

largement développé, et qui porte le nom local d’Oued Zitouna,

présente deux ou trois îlots de végétation luxuriante séparés

par des lits arides de sable et de graviers.

Des touffes basses de _Tamarix Gallica_, le _Retama Rætam_ et le

_R. sphærocarpa_ y représentent la végétation frutescente.

Ici le mélange des plantes sahariennes et des espèces des hauts

plateaux, que nous avons signalé à Sidi-Aïch, s’accentue

davantage. Nous sommes dans une zone mixte, ainsi que le démontre

la liste suivante :

Diplotaxis erucoides DC.

Erysimum grandiflorum Desf.

Sisymbrium runcinatum Lag.

Biscutella auriculata L.

Muricaria prostrata Desv.

Helianthemum Fontanesii Boiss. et Reut.

Reseda Duriæana J. Gay.

R. Arabica Boiss.

Dianthus serrulatus Desf. _var._ grandiflorus.

Silene muscipula L.

Astragalus cruciatus Link.

A. Gombo Coss. et DR.

Cucumis Colocynthis L.

Polycarpon alsinefolium DC.

Daucus parviflorus Desf.

Asperula aristata L. f.

Callipeltis Cucullaria Stev.

Nolletia chrysocomoides Cass.

Micropus bombycinus Lag.

Francœuria laciniata Coss. et DR.

Anthemis pedunculata Desf.

Pyrethrum macrocephalum Coss. et DR.

Ifloga spicata Sch. Bip.

Artemisia Herba alba Asso.

A. campestris L.

Senecio Decaisnei DC.

Atractylis cæspitosa Desf.

Echinops spinosus L.

Silybum eburneum Coss. et DR.

Onopordon ambiguum Fres.

Andryala Ragusina L. _var._ virgata.

Echinospermum patulum Lehm.

E. Vahlianum Lehm.

Celsia laciniata Poir.

Phelipæa lavandulacea Schultz.

Sideritis montana L.

Blitum virgatum L.

Euphorbia glebulosa Coss. et DR.

Stipa tenacissima L.

Arthratherum pungens P. B.

A. ciliatum Nees.

Festuca Memphitica Coss.

Nous sortons du lit de l’oued pour rentrer dans la plaine

d’alluvions de la rive gauche. Devant nous, s’ouvre à l’horizon

un défilé dominé à l’ouest par des rochers presque verticaux ;

mais avant d’y arriver, nous voyons poindre deux cavaliers sur la

route poudreuse ; bientôt nous distinguons leurs képis et devinons

le docteur Robert qui vient à nous, suivi de son ordonnance. La

rencontre a lieu avec de cordiales poignées de mains et nous remontons

ensemble la longue rampe du khanguet, le long des rochers tout barbus

de buissons et habités par des Pigeons (_Columba Livia_). Parvenus au

sommet, nous quittons la route pour piquer droit sur Feriana. Devant

nous, s’étend une chaîne de collines assez basses, dont le pied

est occupé par une oasis d’arbres fruitiers que domine le panache

solitaire d’un Dattier, en face de nous, par un amas de bâtiments

blancs et de baraques (c’est le camp), et sur la gauche, par un

vaste champ de ruines, vestiges des splendeurs de Thelepte.

L’excellent docteur, après nous avoir présenté aux officiers

du Bureau des renseignements et de la garnison, m’emmène dans

une gorge crayeuse où il a découvert une plante dont nous voyons

ensemble les premières fleurs ; c’est un charmant _Hypericum_

nouveau pour la Tunisie et sans doute pour la science[29].

Le 22 juin, nous employons la journée à visiter les ruines de

Thelepte, les hautes roches entaillées à pic par les carriers et qui

portent à leur faîte les restes d’une citadelle, un grand édifice

à six niches veuves de leurs statues et qui semble avoir servi de

bains, un ensemble formidable de murs, où l’œil démêle encore

le réseau des rues, la basilique, bien reconnaissable aux bases de

ses colonnes, et, à l’est du plateau, au milieu de débris confus,

quatre hautes colonnes encore debout, que les Arabes nomment les

Frères et qui ont dû supporter une coupole. Nous prenons au retour

le lit d’un petit canal qui, du pied de la citadelle antique, porte

les eaux fraîches d’une source jusqu’au camp et aux jardins,

en suivant le pied d’une colline aux flancs rocheux. Sur les

bords, où pullulent les Lauriers-Rose, le _Juncus Fontanesii_, le

_Mentha rotundifolia_, l’_Adianthum Capillus-Veneris_, croissent

de belles touffes de _Carex echinata_ ; les rochers offrent une

variété intéressante du _Scabiosa crenata_, l’_Allium Cupani_,

l’_Argyrolobium uniflorum_, le _Rhamnus lycioides_, l’_Euphorbia

glebulosa_, le _Blitum virgatum_, l’_Ononis Columnæ_, le _Sideritis

montana_ et le _Telephium Imperati_.

Nous faisons aussi une promenade dans le village indigène, entouré de

jardins et de quelques champs de céréales. Les routes sont bordées

d’_Opuntia Ficus-Indica_, les jardins renferment des Figuiers, des

Abricotiers, quelques Poiriers et Pruniers et de beaux Grenadiers en

fleurs. Les légumes sont surtout représentés par les Oignons et

les Cucurbitacées.

23 juin. Le docteur Robert nous a conviés à une longue course. Il

nous conduit d’abord à un groupe de jardins semés de nombreux

vestiges d’un établissement romain, qui devait avoir une certaine

importance. Après avoir mis pied à terre pour fouiller un petit

bassin où vit une Amnicole et pour recueillir l’_Hypericum

tomentosum_, nous longeons un aqueduc, en grande partie souterrain,

et rejoignons la plaine où se déroule la route de Feriana

à Kairouan. Nous la suivons jusque vers le travers du Djebel

Khechem-el-Kelb. Cette montagne borne au nord un véritable fourré bas

et dru de Halfa (_Stipa tenacissima_), dont les grosses touffes et les

hautes tiges nous forcent à d’incessants détours. Quelques pieds de

_Linaria fallax_ et de _Centaurea pubescens_ s’y dissimulent. Après

trois quarts d’heure de cette marche sinueuse et pénible, nous

gagnons le pied de collines couvertes de Pins d’Alep et pénétrons

dans un ravin à pente raide, où la roche se montre à nu, et où

les pierres roulent sous les pieds de nos montures. Bientôt même,

il faut descendre et s’arrêter. A côté d’un superbe _Bupleurum_

qui commence à peine à fleurir et que j’ai cueilli en 1862 sur

la frontière au Djebel Bou-Djaber (_B. Gibraltaricum_), croît

abondamment le _Linum suffruticosum_. Dans les anfractuosités de

la crête s’abritent les _Linaria flexuosa_, _Polycarpon Bivonæ_

et _Fumaria Numidica_.

Après un déjeuner rapide, le docteur et moi, malgré la température

torride, nous abandonnons le ravin pour atteindre une longue couche de

rochers coupés à pic de notre côté et formant une table inclinée

sur le revers opposé. Nous en suivons le pied jusqu’à un col

élevé et revenons ensuite par le chemin relativement facile des

crêtes, rapportant de cette courte exploration, outre les espèces

ci-dessus indiquées, les :

Helianthemum rubellum Presl.

H. lavandulæfolium DC.

Dianthus Siculus Presl.

Rapport sur une mission botanique exécutée en 1884 dans le nord, le sud et l'ouest de la Tunisie · 第 13 / 29 题