Andryala Ragusina L. _var._

Salvia lanigera Poir.

Scrofularia deserti Del.

Asphodelus tenuifolius Cav.

Pennisetum Orientale Rich.

La pluie nous surprend en pleine herborisation ; en vain nous hâtons

notre retraite, qui se change bientôt en une fuite précipitée,

et, mouillés jusqu’aux os, nous arrivons à la tente. Bientôt la

pluie tourne à l’ouragan, et jusqu’à la nuit nous devons nous

tenir confinés dans notre étroit refuge, que viennent encombrer

bientôt nos cinq cavaliers arabes.

Le lendemain, le ciel est bleu et le soleil brille. A partir

de l’Oued Ferd, le fond de la végétation est constitué par

l’_Anarrhinum brevifolium_. En approchant de la cuvette appelée

Sebkha Zerguin apparaissent quelques buissons avec le _Limoniastrum

monopetalum_, les Salsolacées ordinaires de la région et le

_Cichorium Intybus_ var. _divaricatum_, cette banalité vulgarissime,

devenue ici une insigne rareté. Les indigènes ont labouré une partie

de la dépression, et dans les moissons poussent le _Microlonchus

Duriæi_ et l’_Amberboa Lippii_. Ce point, favorable aux cultures,

semble avoir eu, au temps de l’occupation romaine, une certaine

importance, car sur un monticule, à droite de la sebkha, se dressent

des ruines qui portent le nom de Henchir Medjoubia.

La plaine reprend ensuite son caractère de monotonie et de nudité

jusqu’à Mareth, où nous faisons une halte de quelques minutes à

la lisière de l’oasis, au bord d’un bassin sur lequel voltigent

des mouettes et où vit une Amnicole.

Au siècle dernier, les gens de Mareth avaient la réputation méritée

de voleurs, si l’on croit Moula Ahmed, et ne respectaient même

pas les pèlerins et les tholba !

Il est encore de bonne heure et nous poussons jusqu’à Aram ;

guidés par le khalifa, nous traversons rapidement l’Oued Zegzaou

et l’Oued Aram, qui coule au nord de la zaouïa au pied d’une

colline où s’élèvent les nombreux tombeaux des chérifs de la

tribu des Hamarna. Ce mince village nous parut bien déchu et bien

pauvre : beaucoup des koubbas sépulcrales tombent en ruines, les

enduits s’effritent et les marabouts de la zaouïa sont maigres et

mal vêtus. Quelques jardins seulement composent l’oasis, alimentée

par une source où les crapauds célèbrent leur hyménée.

Après le déjeuner, je retourne à l’Oued Zegzaou, dont le sable

encore humide m’a paru intéressant à explorer. Je note, dans son

lit et sur ses bords, les espèces suivantes :

Koniga Libyca R. Br.

Helianthemum Tunetanum Coss. et Kral.

Retama Rætam Webb.

Deverra scoparia Coss. et DR.

Rapport sur une mission botanique exécutée en 1884 dans le nord, le sud et l'ouest de la Tunisie · 第 3 / 29 题