Voyez enfin l'embarras de l'explication qu'il charge Sénèque de
donner par lettre au sénat, puis la bassesse des prétoriens qui le
félicitent les premiers, toujours prêts à prostituer l'épée, pourvu
que l'épée règne; puis la vilité des sénateurs, qui feignent de croire
à l'impossible pour avoir le prétexte de congratuler; puis, dans un
coin, la figure muette ou indignée du seul honnête homme, de Thraséa,
qui sort du sénat, sachant bien à quoi il s'expose, et n'espérant rien
de l'exemple pour la liberté, mais faisant seul rougir Néron, Burrhus,
Sénèque, et toute l'armée, et tout le sénat, et tout le peuple, parce
qu'il représente à lui tout seul plus que l'empire, l'armée, le sénat,
le peuple, c'est-à-dire la conscience, la vertu, la postérité.