VII

«Il employait, pour les résoudre à vivre, l'autorité sur les jeunes

gens, les supplications avec les vieillards; serein de visage,

intrépide d'accent, se refusant les larmes intempestives.

«Il faisait fournir des barques et des canots à ceux qui voulaient

fuir; il anéantissait les lettres et les notes qui auraient pu servir

de témoignage du zèle qu'on avait montré pour lui, des injures qu'on

avait proférées contre Vitellius; il distribuait des gratifications

avec mesure, et nullement comme un homme qui n'a rien à ménager après

lui; ensuite il s'appliqua à consoler le fils de son frère, Salvius

Coccéianus, enfant en bas âge, qui tremblait et qui pleurait, louant

sa tendresse, gourmandant son effroi, l'assurant que le vainqueur ne

serait pas assez barbare pour refuser la grâce de ce neveu, à lui, qui

avait conservé à Rome toute la famille de Vitellius, et qui allait,

par la promptitude de sa propre mort, mériter la clémence de ce rival:

car ce n'était point, ajoutait-il, dans une extrémité désespérée, mais

à la tête d'une armée demandant à combattre, qu'il épargnait

volontairement à la république une calamité nouvelle; qu'il avait

assez de renommée pour lui-même, assez d'illustration pour ses

descendants; que le premier, après les Jules, les Claude, les Servius,

il avait porté l'empire dans une nouvelle famille; que son neveu

devait donc accepter la vie avec une noble assurance, sans oublier

jamais qu'Othon fut son oncle, et cependant sans trop s'en souvenir.»

Cours familier de Littérature - Volume 12 · 第 61 / 208 题