XXVII

«Il est des choses dans le gouvernement, leur dit-il, que le soldat

doit savoir; il en est d'autres qu'il doit ignorer.

«L'autorité des chefs, la rigueur de la discipline, exigent que les

centurions, les tribuns militaires eux-mêmes, exécutent, sans les

examiner, les ordres qu'on leur donne.

«S'il était permis à chacun de ceux qui reçoivent des ordres de

s'informer des motifs et de les discuter, l'empire lui-même périrait

avec le principe nécessaire de l'obéissance.

«Vous n'avez manqué à la subordination que dans mon intérêt; mais,

dans ces incursions, dans ces ténèbres, dans cette confusion de

toutes choses, les occasions contre moi-même peuvent être offertes à

mes ennemis. L'armée la plus redoutable dans l'action est celle qui

est la plus soumise avant la guerre. À vous les armes et le courage! à

moi le conseil et la direction de votre valeur! Que jamais armée ne

connaisse ces cris que vous avez proférés contre le sénat!

«Quoi! le sénat, la tête de l'empire, le lustre de toutes nos

provinces, demander des supplices contre ses membres! Ô Dieux! ces

Germains, que Vitellius pousse contre Rome, ne l'auront pas osé

eux-mêmes; et vous, enfants privilégiés de l'Italie, vous, jeunesse

vraiment romaine, vous demanderiez le sang et le massacre d'un corps

dont la splendeur et la gloire font toute notre supériorité sur la

bassesse et l'obscurité des Vitelliens.

«Vitellius a une certaine apparence d'armée avec lui, mais le sénat

est avec nous. C'est par là que de notre côté est la république, et

contre nous les ennemis de la république.

«Croyez-vous donc que cette ville si majestueuse existe seulement

dans ces maisons, ces toits, ces monceaux de pierres? Ces choses

muettes et inanimées peuvent aussi bien se détruire que se relever.

«L'éternité de l'État, le repos des peuples, votre salut à tous, et le

mien, résident dans l'intégrité du sénat, qui affermit tout. De même

que ce corps, institué sous les auspices des Dieux par le père et le

fondateur de Rome, ce corps, continué et immuable depuis nos rois

jusqu'à nos Césars, nous a été transmis par nos ancêtres, de même nous

devons le transmettre à nos descendants; car c'est de vous qu'émanent

vos sénateurs romains, et c'est de vos sénateurs qu'émanent vos

princes.»

Cours familier de Littérature - Volume 12 · 第 51 / 208 题