DU VRAI ET DU FAUX.

[1]«Et ainsi je connois que l'erreur, en tant que telle, n'est pas

quelque chose de réel qui dépende de Dieu, mais que c'est seulement

un défaut; et partant que pour faillir je n'ai pas besoin de quelque

faculté qui m'ait été donnée de Dieu particulièrement pour cet effet.»

[Note 66: Voyez Méditation IV.]

Il est certain que l'ignorance est seulement un défaut, et qu'il n'est

pas besoin d'aucune faculté positive pour ignorer; mais, quant à

l'erreur, la chose n'est pas si manifeste: car il semble que si les

pierres et les autres choses inanimées ne peuvent errer, c'est seulement

parce qu'elles n'ont pas la faculté de raisonner ni d'imaginer; et

partant il faut conclure que pour errer il est besoin d'un entendement,

ou du moins d'une imagination, qui sont des facultés toutes deux

positives, accordée à tous ceux qui se trompent, mais aussi à eux seuls.

Outre cela, M. Descartes ajoute: «J'aperçois que mes erreurs dépendent

du concours de deux causes, à savoir de la faculté de connoître qui est

en moi, et de la faculté d'élire ou bien de mon libre arbitre.» Ce qui

me semble avoir de la contradiction avec les choses qui ont été dites

auparavant. Où il faut aussi remarquer que la liberté du franc arbitre

est supposée sans être prouvée, quoique cette supposition soit contraire

à l'opinion des calvinistes.

Discours de la méthode · 第 76 / 93 题