SUR LA TROISIÈME MÉDITATION.

[1]«Il me reste seulement à examiner de quelle façon j'ai acquis cette

idée, car je ne l'ai point reçue par les sens, et jamais elle ne s'est

offerte à moi contre mon attente, comme font d'ordinaire les idées

des choses sensibles, lorsque ces choses se présentent aux organes

extérieurs de mes sens, ou qu'elles semblent s'y présenter. Elle n'est

pas aussi une pure production ou fiction de mon esprit, car il n'est pas

en mon pouvoir d'y diminuer ni d'y ajouter aucune chose; et partant il

ne reste plus autre chose à dire, sinon que, comme l'idée de moi-même,

elle est née et produite avec moi dès lors que j'ai été créé.»

[Note 61: Voyez Méditation III.]

S'il n'y a point d'idée de Dieu (or on ne prouve point qu'il y en ait),

comme il semble qu'il n'y en a point, toute cette recherche est

inutile. De plus, l'idée de moi-même me vient, si on regarde le corps,

principalement de la vue; si l'âme, nous n'en avons aucune idée: mais la

raison nous fait conclure qu'il y a quelque chose de renfermé dans le

corps humain qui lui donne le mouvement animal, qui fait qu'il sent et

se meut; et cela, quoi que ce soit, sans aucune idée, nous l'appelons

_âme_.

Discours de la méthode · 第 65 / 93 题