[1] «Qu'y a-t-il donc qui soit distingué de ma pensée? Qu'y a-t-il que
l'on puisse dire être séparé de moi-même?»
[Note 57: Voyez Méditation II.]
Quelqu'un répondra peut-être à cette question: Je suis distingué de
ma pensée moi-même qui pense; et quoiqu'elle ne soit pas à la vérité
séparée de moi-même, elle est néanmoins différente de moi: de la même
façon que la promenade, comme il a été dit ci-dessus, est distinguée de
celui qui se promène. Que si M. Descartes montre que celui qui entend et
l'entendement sont une même chose, nous tomberons dans cette façon de
parler scolastique, l'entendement entend, la vue voit, la volonté veut;
et, par une juste analogie, on pourra dire que la promenade, ou du moins
la faculté de se promener, se promène: toutes lesquelles choses sont
obscures, impropres, et fort éloignées de la netteté ordinaire de M.
Descartes.