FOLGOET. Greffier, faites appeler Monsieur l'enseigne de vaisseau
Brambourg à la barre.
LE GREFFIER. Gendarme, appelez Monsieur Brambourg à la barre.
FOLGOET [aux membres du Conseil]. Jusqu'ici la question demeure entière:
nous sommes toujours en présence de l'unique affirmation du capitaine de
vaisseau de la Croix de Corlaix, ex-commandant de l'_Alma_, laquelle
n'est malheureusement étayée d'aucune preuve et demeure--passez-moi le
mot, Commandant--tout à fait extraordinaire, voire extravagante.
Monsieur de Corlaix affirme que le croiseur allemand _Coblenz_ ... nul
doute que ce soit lui qui combattit l'_Alma_ dans la nuit du 31 juillet
et fut coulé bas en même temps que l'_Alma_.
UNE VOIX [dans le public]. Avant!
FOLGOET [au public]. Voulez-vous que je fasse évacuer la salle? [Au
Conseil de guerre.] Monsieur de Corlaix affirme donc que le _Coblenz_
questionné à deux reprises, sur sa nationalité, comme il est
réglementaire, répondit deux fois par signal correct qu'il était
Français. [Il se trouve vers Corlaix.] Commandant, je ne me trompe pas?
C'est bien là votre système de défense?
CORLAIX. C'est bien là l'exacte vérité.
[Entre Brambourg.]
FOLGOET. C'est ce que nous allons voir.
[Mouvements dans le public.]