Je suis restée longtemps à regarder mon portrait, et cela m'a
laissée dans un état violent qui m'humilie.
Quand j'avais la beauté, je m'en occupais très peu. L'éloignement du
monde, l'éducation virile que j'avais reçue, m'avaient préservée de
la vanité.
Mon père disait qu'aimer une personne pour son extérieur, c'est
comme aimer un livre pour sa reliure. Lorsqu'il y avait quelque mort
dans le voisinage: «Viens, me disait-il, viens voir ce qu'on aime,
quand on aime son corps!»
Mais si fragile, si passagère qu'elle soit, la beauté n'est-elle pas
un grand don?