Votre publication, légitimement universelle, dément chaque jour la
parole de Balzac qui, si mélancoliquement, fit de la Gloire, le _Soleil
des Morts_.
Grâce, en effet, à votre inlassable clairvoyance, non seulement les
trépassés, mais encore nombre de vivants, avant d’aller au pays des
ombres, ont le bonheur de voir leur effort éclairé de cette tant douce
lueur.
Aussi, ce petit livre posthume d’Isabelle Eberhardt, si inespérément
retrouvé, vous est dédié afin que soit réparée l’injuste erreur commise
à l’endroit de la _Bonne Nomade_ qui, inspirée par son amour de l’Arabe
et du Désert, écrivit de belles œuvres attribuées, par votre
Dictionnaire, à un autre.
Il vous est dédié, afin qu’au plus tôt lui soit rendu le rayon de gloire
auquel elle a droit, et dont, involontairement sans doute, au profit de
cet autre, on la dépouilla.