III

Douceurs, violences, gravités, caprices, tant de fois à la fois

changeante, et toujours la même: elle a ses raisons.

C'est l'harmonie, contrastée et constante, de la fraîcheur abandonnée

de la vie au matin charmant, et des précautions et des terreurs dont

le soir plein de menaces veut être accueilli.

C'est la pirogue, sur les vagues, montant et redescendant sans cesse,

avec une élégance parfaite jusqu'en ses évolutions les plus vites.

C'est le sage, c'est l'humain rire, car il n'est jamais loin des

larmes, d'un enfant.

C'est le jeu, assujetti à la logique des vents--mais nous ignorons

leurs lois--de l'ombre longue, souple et déliée des rameaux du

pandanus, de l'ombre pyramidale et plane des fougères légères, sur le

gazon indéfiniment bercé, dans ce jeu atténué, de la nuit au jour.

C'est le temps, aux approches de l'éternité, concevant le désir des

multiples actions simultanées, essentielles, et qui s'évanouit, épris

du Toujours, aux ardentes couleurs de la Passion, car elle est

impérieusement Présente.

C'est la gamme, d'un doigté de vertige parcourue et reparcourue, et se

résolvant en comme un seul accord de tout,--de tous les sentiments, de

toutes les sensations qui font le prix de la vie, et c'est la morsure

dans le baiser, et c'est la blessure dans l'ivresse de la victoire.

Noa Noa(#11646) · 第 34 / 64 题