Douceurs, violences, gravités, caprices, tant de fois à la fois
changeante, et toujours la même: elle a ses raisons.
C'est l'harmonie, contrastée et constante, de la fraîcheur abandonnée
de la vie au matin charmant, et des précautions et des terreurs dont
le soir plein de menaces veut être accueilli.
C'est la pirogue, sur les vagues, montant et redescendant sans cesse,
avec une élégance parfaite jusqu'en ses évolutions les plus vites.
C'est le sage, c'est l'humain rire, car il n'est jamais loin des
larmes, d'un enfant.
C'est le jeu, assujetti à la logique des vents--mais nous ignorons
leurs lois--de l'ombre longue, souple et déliée des rameaux du
pandanus, de l'ombre pyramidale et plane des fougères légères, sur le
gazon indéfiniment bercé, dans ce jeu atténué, de la nuit au jour.
C'est le temps, aux approches de l'éternité, concevant le désir des
multiples actions simultanées, essentielles, et qui s'évanouit, épris
du Toujours, aux ardentes couleurs de la Passion, car elle est
impérieusement Présente.
C'est la gamme, d'un doigté de vertige parcourue et reparcourue, et se
résolvant en comme un seul accord de tout,--de tous les sentiments, de
toutes les sensations qui font le prix de la vie, et c'est la morsure
dans le baiser, et c'est la blessure dans l'ivresse de la victoire.