L'APPRENTISSAGE DES LANGUES

= Quelques expériences

Maria Victoria Marinetti, de nationalité mexicaine, est titulaire d'un

doctorat en ingénierie. Depuis son installation en France, elle est

professeur d'espagnol dans plusieurs entreprises du bassin annécien, en

Haute-Savoie, et également traductrice.

Elle raconte en août 1999: «J'ai accès à un nombre important

d'informations au niveau mondial, ce qui est très intéressant pour moi.

J'ai également la possibilité de transmettre ou de recevoir des

fichiers, dans un va-et-vient d'information constant. L'internet me

permet de recevoir ou d'envoyer des traductions générales ou techniques

du français vers l'espagnol et vice versa, ainsi que des textes

espagnols corrigés. Dans le domaine technique ou chimique, je propose

une aide technique, ainsi que des informations sur l'exportation

d'équipes de haute technologie vers le Mexique ou d'autres pays

d'Amérique latine.»

Elle ajoute en août 2001: «Depuis notre premier entretien, j'utilise

beaucoup l'internet pour des échanges avec ma famille au Mexique et

avec mes amis un peu partout dans le monde. C'est un outil de

communication rapide, agréable et fantastique pour moi. Par contre,

pour l'utilisation d'internet comme outil de télétravail, très peu

d'entreprises ont le matériel et l'expérience nécessaires pour échanger

des données dans le travail quotidien, notamment par la voix et l'image

(par exemple pour la formation ou les conférences par l'internet). Pour

ma part, je rencontre ce problème car je souhaite proposer une

téléformation en langue espagnole, en utilisant la voix et l'image.

Mais mes entreprises clientes ne sont pas habituées à utiliser ces

moyens de communication malgré leur caractère pratique (pas de

déplacements à faire) et malgré la fiabilité accrue de ces nouveaux

moyens de communication par l'internet. En conclusion, les sociétés de

conseil informatique ont encore beaucoup à faire pour familiariser les

entreprises à l'utilisation des nouvelles technologies liées aux

transferts de données par l'internet.»

Robert Beard, professeur de langues et créateur du portail

yourDictionary.com, écrit en septembre 1998: «En tant que professeur de

langues, je pense que le web présente une pléthore de nouvelles

ressources disponibles dans la langue étudiée, de nouveaux instruments

d'apprentissage (exercices interactifs Java et Shockwave) et de test,

qui sont à la disposition des étudiants quand ceux-ci en ont le temps

ou l'envie, 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Aussi bien pour

mes collègues que pour moi, et bien sûr pour notre établissement,

l'internet nous permet aussi de publier pratiquement sans limitation.»

Comment voit-il l'avenir? «L'internet nous offrira tout le matériel

pédagogique dont nous pouvons rêver, y compris des notes de lecture,

exercices, tests, évaluations et exercices interactifs plus efficaces

que par le passé, parce que reposant davantage sur la notion de

communication.»

Une autre expérience est celle de Russon Wooldridge, professeur au

département des études françaises de l'Université de Toronto (Canada),

qui relate en février 2001: «Tout mon enseignement exploite au maximum

les ressources d'internet (le web et le courriel): les deux lieux

communs d'un cours sont la salle de classe et le site du cours, sur

lequel je mets tous les matériaux des cours. Je mets toutes les données

de mes recherches des vingt dernières années sur le web (réédition de

livres, articles, textes intégraux de dictionnaires anciens en bases de

données interactives, de traités du 16e siècle, etc.). Je publie des

actes de colloques, j'édite un journal, je collabore avec des collègues

français, mettant en ligne à Toronto ce qu'ils ne peuvent pas publier

en ligne chez eux. En mai 2000 j'ai organisé à Toronto un colloque

international sur "Les études françaises valorisées par les nouvelles

technologies". (…) Je me rends compte que sans internet mes activités

seraient bien moindres, ou du moins très différentes de ce qu'elles

sont actuellement. Donc je ne vois pas l'avenir sans.»

= Des outils pour les enseignants

Depuis ses débuts en 1989, le Computer in Teaching Initiative (CTI)

Centre for Modern Languages est un centre inclus dans l'Institut des

langues de l'Université d'Hull (Royaume-Uni) et vise à promouvoir

l'utilisation des ordinateurs dans l'apprentissage et l'enseignement

des langues. Connu sous le nom de CTI Centre, il procure des

informations sur la manière dont l'apprentissage des langues assisté

par ordinateur peut être effectivement intégré à des cours existants,

et il offre un soutien aux professeurs qui utilisent - ou souhaitent

utiliser - l'informatique dans l'enseignement qu'ils dispensent.

June Thompson, responsable du CTI Centre, écrit en décembre 1998: «Avec

l'internet, on a la possibilité de favoriser l'utilisation des langues

étrangères, et notre organisation ne soutient absolument pas la

suprématie de l'anglais en tant que langue de l'internet. L'utilisation

de l'internet a apporté une nouvelle dimension à notre tâche qui

consiste à soutenir les professeurs de langue dans l'utilisation de la

technologie correspondante. Je pense que, dans un avenir proche,

l'utilisation de supports linguistiques sur l'internet va continuer à

se développer en même temps que d'autres activités liées aux

technologies, par exemple l'utilisation de CD-ROM - certains

établissements n'ont pas suffisamment de matériel informatique en

réseau. A l'avenir, il me semble que l'utilisation de l'internet jouera

un rôle plus grand, mais seulement si ces activités sont à caractère

pédagogique. Notre organisme travaille étroitement avec le WELL, qui se

consacre à ces problèmes.»

Le WELL (Web Enhanced Language Learning) est un projet britannique mené

à bien entre 1997 et 2000 pour donner accès à des ressources en ligne

de qualité dans douze langues différentes. Sélectionnées et décrites

par des experts, ces ressources sont complétées par des informations et

des exemples sur la manière de les utiliser pour l'enseignement ou

l'apprentissage d'une langue.

Ce projet est l'œuvre de l'association EUROCALL (European Association

for Computer-Assisted Language Learning), qui regroupe des

professionnels de l'enseignement des langues exerçant en Europe et dans

le monde entier. Ses objectifs sont de favoriser l'utilisation des

langues étrangères en Europe, encourager une vision européenne de

l'utilisation des technologies pour l'apprentissage des langues, et

enfin promouvoir la création et la diffusion d'un matériel de qualité.

Un autre projet d'EUROCALL est CAPITAL (Computer-Assisted Pronunciation

Investigation Teaching and Learning), qui regroupe des chercheurs et

praticiens souhaitant utiliser l'informatique dans ce domaine.

= La LINGUIST List

Gérée par l'Eastern Michigan University et la Wayne State University,

deux universités des États-Unis, la LINGUIST List est une liste de

diffusion à destination des linguistes. Les messages reçus sont classés

dans diverses rubriques: profession (conférences, associations

linguistiques, programmes, etc.), recherche et soutien à la recherche

(articles, résumés de mémoires, projets, bibliographies, dossiers,

textes), publications, pédagogie, ressources linguistiques (langues,

familles linguistiques, dictionnaires, informations régionales) et

soutien informatique (polices de caractères et logiciels). La LINGUIST

List propose aussi un centre de documentation virtuel, dénommé Virtual

Library.

Helen Dry, modératrice de la LINGUIST List, explique en août 1998: «La

LINGUIST List, que je modère, a pour politique d'accepter les

informations dans toutes les langues, puisque c'est une liste pour

linguistes. Nous ne souhaitons cependant pas que le message soit publié

dans plusieurs langues, tout simplement à cause de la charge de travail

que cela représenterait pour notre personnel de rédaction (nous ne

sommes pas une liste fourre-tout, mais une liste modérée: avant d'être

publié, chaque message est classé par nos étudiants-rédacteurs dans une

section comprenant des messages du même type). Notre expérience nous

montre que pratiquement tout le monde choisit de publier en anglais.

Mais nous relions ces informations à un système de traduction qui

présente nos pages dans cinq langues différentes. Ainsi un abonné ne

lit LINGUIST en anglais que s'il le souhaite. Nous essayons aussi

d'avoir au moins un étudiant-éditeur qui soit réellement multilingue,

afin que les lecteurs puissent correspondre avec nous dans d'autres

langues que l'anglais.»

Les langues sur le web · 第 20 / 27 题