18 mai.

Il a parlé. Nous sommes fiancés. Et c’est divin!... Je n’ai même plus

envie d’écrire mon bonheur. Il est en moi, dans mon cerveau, dans mon

cœur, dans mon âme. Les mots l’abîmeraient en le racontant. Que c’est

délicieux de vivre! Comment des pessimistes moroses osent-ils prétendre

le contraire!...

Il y a cependant une ombre sur ma joie. Mère trouve absurde qu’on ait

même l’idée de marier «des enfants» comme nous. C’est elle qui parle.

«Quand tu auras vingt ans, répète-t-elle, il sera temps.»

Malgré ma belle confiance, j’ai un peu peur de ces déclarations, car

maman ne fait jamais que ce qu’elle veut. Père la laisse agir tout comme

il lui plaît. Elle sait si joliment s’arranger pour qu’il soit

impossible de lui résister!

Heureusement, cette fois, père est en très bonnes dispositions à notre

égard... J’espère bien fort en lui. Tout bas, je le supplie, avec la

tendresse que je lui ai toujours vouée et qu’il me rend si profonde!...

Alors je ne me tourmente pas trop!...

Le Feu sous la Cendre · 第 7 / 59 题