MASCARON, ÉVÊQUE DE TULLE, A MADEMOISELLE DE SCUDÉRY[566].

[566] Cabinet de M. Chambry.

Sur la longue amitié et la correspondance qui exista entre

Mascaron et Mlle de Scudéry, Voy. la _Notice_, p. 117 et 127. Nous

avons évité de reproduire ici les lettres dont nous avons cité

alors des fragments assez étendus.

Tulle, le 5 janvier 1673.

Je vous souhaite, Mademoiselle, la plus glorieuse et la plus fortunée

année que vous ayiez passée de votre vie. Ce n'est pas faire un petit

souhait pour une personne dont toute la vie n'a été qu'une suite de

gloire. Aussi n'en puis-je point faire d'autres, ayant pour vous tout le

respect et l'attachement dont je suis capable. Je me pare de cela comme

de mon plus bel ornement, et je m'en pare encore avec plus d'amour propre

dans mon cœur qu'à la vue de tout le monde.

Plût à Dieu, Mademoiselle, avoir des occasions de vous en donner des

marques qui ne vous laissassent aucun lieu de douter d'une vérité qui me

tient si fort à cœur! Je partirai dans quinze jours pour Bordeaux; je

serai étrangement mortifié si je n'y trouve point M. le premier

Président[567], comme on m'en menace. Je me propose de cultiver avec tant

de soin l'honneur de son amitié, si je l'y trouve, que vous aurez le

plaisir de voir l'accroissement d'une liaison dont vous avez formé les

premiers nœuds.

[567] Nous avons mal indiqué le nom de ce magistrat à la page

315. Il s'appelait d'Aulède de Lestonac.

Je suis de tout mon cœur et avec tout le respect possible, Mademoiselle,

votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance, avec un choix de ses poésies · 第 216 / 411 题