LA CALPRENÈDE A MADEMOISELLE DE SCUDÉRY[544].

[544] Cabinet de M. Boutron.

A Vatimesnil, 12 septembre 1661.

Comme je sais la part que vous avez prise au malheur de M. le

Surintendant, je veux bien, Mademoiselle, vous témoigner la douleur que

j'en ai, et à laquelle je suis trop obligé par le souvenir des

obligations que je lui ai, et à M. Pellisson aussi, qui, à ce que j'ai

appris, est enveloppé dans sa disgrâce. Je voudrois au prix de mon sang

être en état de leur témoigner ma reconnoissance, et parce qu'on m'a

mandé qu'on envoie Mme la Surintendante à Limoges, et que j'ai en ce

pays-là des parents et des amis assez considérables, je vous supplie de

me mander si vous croyez qu'il y ait lieu de les employer pour son

service, et qu'elle en puisse recevoir d'eux dans sa mauvaise fortune,

afin que je leur écrive pour les obliger à lui rendre toutes les

assistances qui leur seront possibles. Faites-moi, s'il vous plaît, la

grâce de m'en écrire un mot le plus tôt que vous le pourrez, et de

l'envoyer à la poste de Normandie avec l'adresse: Au Tillier; et croyez,

s'il vous plaît, que ni dans cette affaire, ni dans aucune autre, il ne

vous arrivera jamais rien où je ne m'intéresse, comme un homme qui vous

honore et vous honorera toute sa vie de tout son cœur.

Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance, avec un choix de ses poésies · 第 195 / 411 题