Il est bien juste, Monseigneur, que je vous remercie de la bonté que vous
avez eue de me rendre office auprès de M. de Lamoignon, et de m'avoir
appris avec quelle honnêteté il vous a parlé de moi. Je lui écrivis hier
pour l'en remercier, et je lui envoyai ma lettre par les personnes dont
Mlle de Clisson s'est souvenue, et qu'il reçut très-civilement. Comme on
m'a dit qu'il y a un grand nombre de legs, je voudrois bien savoir si
les noms de Vaumale ou de Valcroissant ne se trouvent pas parmi ceux à
qui cette généreuse personne en a laissé. Si vous trouvez occasion de le
savoir, vous me ferez plaisir de me l'apprendre et de savoir aussi ce
qu'elle laisse à M. de la Bastide[496], qui est en Angleterre. Vous
voyez, Monseigneur, que j'use de la liberté que la véritable amitié
donne. Conservez-moi la vôtre, et soyez assuré que la mienne durera
autant que la vie de votre, etc., etc.
[496] Marc-Antoine de la Bastide, controversiste protestant, né à
Milhau en 1624, mort vers 1704. Il fut envoyé comme secrétaire
d'ambassade en Angleterre; il était ami de Pellisson.