29 décembre [1695].

Il est bien juste, Monseigneur, que je vous remercie de la bonté que vous

avez eue de me rendre office auprès de M. de Lamoignon, et de m'avoir

appris avec quelle honnêteté il vous a parlé de moi. Je lui écrivis hier

pour l'en remercier, et je lui envoyai ma lettre par les personnes dont

Mlle de Clisson s'est souvenue, et qu'il reçut très-civilement. Comme on

m'a dit qu'il y a un grand nombre de legs, je voudrois bien savoir si

les noms de Vaumale ou de Valcroissant ne se trouvent pas parmi ceux à

qui cette généreuse personne en a laissé. Si vous trouvez occasion de le

savoir, vous me ferez plaisir de me l'apprendre et de savoir aussi ce

qu'elle laisse à M. de la Bastide[496], qui est en Angleterre. Vous

voyez, Monseigneur, que j'use de la liberté que la véritable amitié

donne. Conservez-moi la vôtre, et soyez assuré que la mienne durera

autant que la vie de votre, etc., etc.

[496] Marc-Antoine de la Bastide, controversiste protestant, né à

Milhau en 1624, mort vers 1704. Il fut envoyé comme secrétaire

d'ambassade en Angleterre; il était ami de Pellisson.

Mademoiselle de Scudéry, sa vie et sa correspondance, avec un choix de ses poésies · 第 152 / 411 题