Je vous écris aujourd'hui, Monsieur, sans répondre à votre belle lettre
du 16. Elle est trop modeste pour vous et trop flatteuse pour moi. Vous
ai-je envoyé ce que M. de Nevers a écrit contre la nouvelle satire?
Quand vous l'aurez lue, vous me ferez le plaisir de me dire si vous savez
ce que c'est qu'un _lit effronté_, et si ce vers:
.... que Vénus ou Satan[473]
peut être fait par un chrétien. Je crois, Monsieur, que vous raisonnez
fort bien en politique. On va faire un grand effort en Piémont et en
Catalogne. Comme je compte votre voix pour beaucoup, je vais vous écrire
un madrigal que je fis hier et que j'enverrai à Versailles[474]. Je ne
l'ai montré qu'à M. l'évêque d'Avranches et à M. Bosquillon qui en sont
contents. Je souhaite que vous le soyez de même et que vous me croyiez
sincèrement votre, etc., etc.
[473] Hémistiche d'un vers de la satire.
[474] Ce madrigal n'a pas été retrouvé.