Le 18 décembre 1691.
J'ai une si bonne opinion de votre jugement, Madame, que je ne doute pas
qu'il ne faille se réjouir avec vous de votre mariage, quoique ce soit,
selon moi, la chose du monde la plus difficile à faire bien à propos.
Mais si j'avois l'honneur de connoître celui que vous avez choisi pour
époux, je me réjouirois hardiment avec lui, car je le trouve le plus
heureux du monde d'avoir une femme de votre mérite. Je vous souhaite,
Madame, tout le bonheur dont vous êtes digne, et je souhaite en même
temps qu'en changeant de condition, vous n'ayez pas changé de sentiments
pour moi, qui suis toujours plus que je ne puis l'exprimer,
Votre, etc., etc.