28. Tangente commune aux remparts ouest d'Arzachel et d'Alphonse (III,
IX). Ce trait, comme les trois précédents, suit le méridien (_fig. 43_).
29. Chaîne prolongeant le bord oriental de Furnerius (XII). Angle de
position 10°.
30. Chaîne prolongeant le bord oriental de Véga (XII). Angle de position
10°.
Un catalogue plus complet ferait ressortir, dans la série des angles de
position, des lacunes bien marquées, dont la plus étendue paraît tomber
entre 90° et 130°.
F. _Cirques anguleux._--La présence de digues ou de sillons tangents aux
remparts des cirques amène dans le contour de ceux-ci des déformations
systématiques, visibles surtout au voisinage du terminateur. Ces
déformations affectent peu les cirques petits et modernes, beaucoup plus
les enceintes vastes, hétérogènes et jouant un rôle passif en cas de
conflit.
Dans une région où un seul système de traits parallèles prédomine
nettement, les bourrelets circulaires sont simplement tronqués par
suppression d'un segment et s'arrêtent à la rencontre des traits,
presque toujours constitués par des digues saillantes. Nous
mentionnerons, comme exemples de cette structure, Heinsius (VII),
Lacaille et Faye (XX), la plupart des cirques de l'entourage de Tycho
(XVIII) (_fig. 47_), de nombreux orifices entre Licetus et Maginus
(XVII). Les digues limites, dans ce dernier cas, sont parallèles à la
ligne des centres de Licetus et de Clavius.
Lorsque deux systèmes associés prennent une importance à peu près égale,
on observe des formes de passage du cercle au parallélogramme et, parmi
les parallélogrammes, le losange domine, comme si les bandes intéressées
par une intumescence devaient offrir, dans les deux systèmes, des
largeurs égales.
Quand deux cirques voisins sont limités à un même trait, il y a souvent
égalité approximative dans les dimensions, dans les distances des
centres à la limite commune, et par suite aussi, dans les angles. Mais
il n'est pas rare que la similitude soit réalisée avec des dimensions
très différentes.
On pourra noter, comme losanges bien formés, Egede (V), Gruemberger
(XVIII); comme distinctement quadrangulaires: la grande enceinte
comprenant Hell et Lexell (I), Pontanus (II, XXV), Cléomède (XXIX);
comme pentagonale, l'enceinte située à l'est de Burg et formant la
partie la plus déprimée du lac de la Mort (XXVIII); comme hexagonaux:
Ptolémée, Alphonse (III, XXIII), Albategnius (III, IV, XXIII), Rhætius
(IV), Janssen (XXIV) (_fig. 39_), la mer des Crises (XXI, XXVII, XLI)
(_fig. 32_); comme exemples de similitude: Aristote, Egede (V, XIII),
Cyrille, Tacite (XXV, XXXI), Ptolémée, Réaumur, Alphonse (XXXIII),
Eudoxe, Theætetus (XIII), le groupe Walter, Aliacensis, Regiomontanus,
Purbach, Nonius, Blanchinus (I, II, XXV). Il y a, dans ces six derniers
cirques, accord général pour l'orientation des côtés rectilignes.
On trouve enfin des cirques irrégulièrement anguleux, où se reconnaît la
réalisation successive de deux plans différents. La nouvelle enceinte,
orientée autrement que l'ancienne, s'est à peu près superposée à
celle-ci, dont une partie notable a été respectée. De ce nombre sont
Gauricus, Tycho, Maginus (VII), Clavius (VII, XVIII) (_fig. 47_),
Campanus (VIII), Calippus (XIII), plusieurs formations anonymes entre
Godin et Hind (IV), des bourrelets de faible relief englobés dans Atlas,
Hercule, Endymion, Posidonius, Aristote, Eudoxe (XXXV), Gassendi (XL)
(_fig. 50, 51_).
G. _Cirques encadrés._--Les digues et sillons rectilignes d'une même
région peuvent être associés de diverses manières pour former des
polygones convexes. Certaines de ces associations semblent
particulièrement voulues et soulignées par la nature. Ce cas se présente
quand le polygone circonscrit à peu de distance un effondrement
nettement limité. L'excavation s'étend par une série de ruptures dont
les gradins intérieurs des cirques sont les témoins.
Quand les sillons qui entourent un cirque se rattachent à deux systèmes
équidistants et forment par suite des losanges, le contour du cirque
arrive à toucher en même temps les quatre côtés du losange. Mais, quand
l'équidistance n'a plus lieu, l'inscription d'un cercle dans le
quadrilatère cesse d'être possible. La cassure s'arrête aux premiers
côtés qu'elle rencontre, tend à se développer vers les autres, et la
régularité du contour est altérée.
Enfin la rencontre du dernier côté n'impose pas nécessairement un arrêt
au développement du cirque. Celui-ci peut s'étendre encore et excéder
son cadre. Il est instructif de remarquer, en pareil cas, que le sillon
dépassé peut demeurer visible à l'intérieur du cirque aussi bien qu'au
dehors, au delà des intersections avec les sillons conjugués. Cette
circonstance montre que l'expansion du cirque s'est accomplie avec une
certaine lenteur, sans entraîner la destruction complète du relief
préexistant. Il n'est donc pas admissible que l'excavation, dans ses
limites actuelles, corresponde à une empreinte de projectile ou à une
portion d'écorce ramenée à l'état de fusion.
Il arrive assez souvent que, dans son état d'extension actuelle, le
cirque n'atteint aucune des limites du cadre, mais la relation des deux
formes est manifestée par la coïncidence approchée de leurs centres. Le
périmètre du cirque est toujours défini par l'affaissement de
l'intérieur, celui du cadre l'est le plus souvent par un léger excès
d'altitude relativement aux plateaux voisins. Presque toujours le cirque
a des limites mieux arrêtées que le socle qui le porte, et celui-ci a
plus ou moins perdu sa forme quadrangulaire par suite de l'usure et de
la démolition des angles. Cet état de ruine peut aller jusqu'à ne
laisser en relief que le bourrelet circulaire. Mais, chaque fois que les
frontières du socle sont restées visibles, elles coïncident en direction
avec des parties rectilignes du contour des mers ou des cirques voisins.
Le socle apparaît ainsi comme le précurseur du cirque et comme
subordonné plus étroitement que lui à la structure générale de la
région.
On peut prendre comme exemples de bassins ayant respecté leurs cadres
les objets suivants:
Aliacensis, Werner (II), W.-C. Bond (XXIII), Riccius (XXV), Eudoxe (V,
XIII, XXXV), Petavius (XII, XXI, XXXVIII) (_fig. 41_).
D'autres appellent des remarques particulières. Ainsi, pour Albategnius
(III, IV) et Arzachel (III), les côtés des cadres sont parallèles. Sacro
Bosco, Pons et Fermat (XXV) sont englobés dans une même enceinte
quadrangulaire dont un côté forme la ligne de faîte des monts Altaï.
Pour Tycho (VII), le cadre embrasse un espace beaucoup plus étendu que
le bourrelet et limité par des digues saillantes. Tout l'espace
intermédiaire a éprouvé un affaissement relatif. Maginus (XVII) est
confiné dans un angle du cadre, dont les côtés les plus apparents sont
parallèles à la ligne Licetus-Clavius. Il le remplit au Sud et à l'Est,
mais laisse un espace libre au Nord et à l'Ouest. Les mers du Nectar
(XXVII) (_fig. 33_) et de la Fécondité (XXXVIII) sont comprises dans de
vastes losanges. La bordure montagneuse de la mer des Crises (XXI,
XXVIII, XXIX) (_fig. 32_) est sectionnée par des sillons rectilignes,
parallèles aux limites de la plaine. Aristarque (_fig. 48_) s'appuie à
l'Est sur un grand parallélogramme, distingué de la mer par une teinte
plus sombre.
Voici maintenant quelques exemples de cirques qui ont dépassé un ou
plusieurs côtés de leurs cadres primitifs sans les faire entièrement
disparaître:
1. Clavius (VII). On distingue très bien des digues parallèles, mais
discordantes, qui ont successivement servi de limites (_fig. 47_).