15. Ride saillante réunissant Santbech et Colombo (XXXVIII).

16. Très longue digue en relief de part et d'autre de Borda; elle forme,

avec le trait précédent, avec la crevasse médiane de Petavius, avec la

chaîne de cirques Rheita _e_, un système conjugué de la vallée de

Rheita. Angle de position 130° (XII).

17. Sillon visible sur le méridien de Descartes, du côté sud, et signalé

surtout par des places blanchies (XXVI).

18. Terrasses de Lemonnier et de Pline, sous-tendant des arcs dans le

périmètre de la mer de la Sérénité. Elles paraissent être les restes

d'une enceinte polygonale dont la mer aura, dans son mouvement

d'expansion, franchi les limites (XXVII).

19. Terrasse allant de Théophile à Beaumont, détachant un segment en

forme d'arc dans la mer du Nectar et de tout point analogue aux

précédentes (XXVII, XXXII).

20. _Straight Range._--Digue isolée, perpendiculaire au méridien, reste

d'une ancienne frontière de la mer des Pluies (XI, LIII).

21. Sillons nombreux sur le plateau qui s'étend entre Bianchini et La

Condamine. Angle de position 160°. L'accroissement de l'angle de

position est sensible quand on se déplace de l'Ouest à l'Est dans la

bordure de la mer des Pluies (XI).

22. Double série d'arêtes rectilignes formant l'ossature de l'écorce

dans le voisinage du pôle Nord. Le plus apparent des deux systèmes est

peu incliné sur le méridien (XXXVII, LII, LIII).

C. _Alignements d'orifices._--Il est connu depuis longtemps que la

distribution des grandes enceintes à la surface de la Lune n'est pas

arbitraire, qu'elle ne manifeste pas de condensation vers un plan comme

la Voie lactée, ni d'accumulation autour de quelques centres, comme

l'ensemble des nébuleuses. La disposition des grands cirques, toutes les

fois qu'elle affecte une apparence systématique, est linéaire. Beaucoup

d'entre eux se disposent en séries à peu près continues et dont l'unité

d'origine est aussi certaine que celles des grandes arêtes du relief

terrestre. Les individus d'un même groupe accusent une analogie de

dimensions et de structure poussée parfois à un tel degré que de simples

associations par paires ne semblent pas pouvoir être fortuites, d'autant

moins que l'orientation de la ligne des centres se retrouve presque

toujours dans des sillons rectilignes de la même région.

La liaison est moins aisée à mettre en évidence pour les petits

orifices, en raison même de leur grand nombre. Dans les parages où ils

fourmillent, on peut les associer en chaînes de diverses manières, dont

aucune ne s'impose à l'exclusion des autres. Mais certaines mers où les

orifices n'apparaissent qu'en petit nombre présentent des alignements

d'une extrême netteté et qui doivent, à ce titre, fixer l'attention.

Il suffira, entre beaucoup d'exemples, de citer les suivants:

1. _Walter_, _Regiomontanus_, _Purbach_ (I).--Série de grands cirques

contigus, polygonaux, dégradés, offrant chacun de fortes différences de

niveau. L'angle de position de la ligne des centres est 35°, ce qui

rattache ce groupe à la vallée d'Herschel et, plus généralement, aux

objets désignés en premier lieu dans les deux listes précédentes.

2. _Aliacensis_, _Werner_, _Blanchinus_, _Lacaille_.--Série parallèle et

juxtaposée à la précédente, montrant dans ses deux derniers termes des

formes plus régulièrement circulaires et mieux conservées (II).

3. _Blancanus_, _Scheiner_, _Röst_, _Schiller_.--L'angle de position de

cette chaîne est 50°. Des digues latérales ont entravé le développement

normal de tous ces cirques, surtout du dernier dont l'allongement est

exceptionnel (XVIII).

4. _Wilson_, _Kircher_, _Bettinus_, _Zuchius_ (XXX).--Également

encaissés entre deux digues parallèles. Angle de position 45°.

5. Manifestations éruptives variées sur une tangente commune intérieure

aux contours d'Almanon el d'Albufeda. Angle de position 50° (XX, XXV,

XXVI) (_fig. 45_).

6. _Arzachel_, _Alphonse_, _Ptolémée_, _Herschel_.--Ligne des centres

sensiblement parallèle au méridien. Comme il arrive dans la plupart des

séries de l'hémisphère Sud, le cirque le plus austral est en même temps

le plus régulier et le plus profond (III, IX) (_fig. 43_).

7. _Theon junior_, _Theon senior_, _de Morgan_, _Cayley_, _Jules César_

(XXII).--Série suivant le méridien, discontinue, mais complétée par

plusieurs orifices anonymes. Elle embrasse un espace plus grand que les

précédentes, avec la même progression.

8. _Furnerius_, _Petavius_, _Vendelinus_, _Langrenus_.--Ensemble de

cirques énormes et de puissant relief, sur un même méridien (XXI).

9. Cinq petits orifices disposés sur un méridien, dans la partie

nord-est de la mer de la Sérénité (V, XXIII).

10. Ligne blanchie, discontinue, allant de Licetus à Aliacensis, en

contournant Stöfler à l'Est (XXXVII).

11. Autre ligne blanchie, discontinue, allant de Bacon à Pons, en

contournant Büsching à l'Ouest. Cette ligne, comme les cinq précédentes,

s'écarte peu d'un méridien. Elle est remarquable par son extraordinaire

longueur. Il semble que la formation du cirque Büsching a refoulé

quelque peu l'alignement éruptif sans lui faire perdre son caractère

(XXXVII).

12. Nombreux orifices le long d'une tangente commune aux bords orientaux

de Lexell et de Regiomontanus (XIV).

13. Alignement sur une tangente commune aux limites orientales de Hell

et de Pitatus. Ce trait et le précédent sont voisins et parallèles.

Angle de position 140° (XIV).

14. _Rheita e._--Fosse allongée formée par jonction d'orifices (XXXI).

L'angle de position (150°) s'est déjà rencontré souvent dans les

cassures de la même région. Il y est aussi représenté par plusieurs

couples de grands cirques voisins et semblables, comme Snellius et

Stevinus, Metius et Fabricius.

D. _Enceintes quadrangulaires sans rupture, à rebord saillant._--Une

collection d'objets particulièrement intéressants au point de vue qui

nous occupe se rencontre dans le voisinage du pôle Nord. Les cirques y

sont assez rares et sont remplacés par des plaines que divisent et

encadrent de minces cordons saillants. Toutes ces plaines paraissent

être au même niveau et constituer la surface moyenne de la planète. Ce

sont les cordons qui semblent surajoutés, de manière à diviser, suivant

un plan géométrique, cette étendue uniforme. Cette structure est

aujourd'hui limitée à la région arctique. On trouve cependant, sur la

rive sud de la mer du Froid ou dans le quadrant sud-ouest quelques

objets qui semblent, comme Egede (V), des survivants ou des précurseurs

du même type.

Les murs de séparation sont assez endommagés, souvent doubles et coupés

de brèches. Mais deux directions y dominent toujours, en sorte que les

plaines encadrées se rapprochent plus du losange que du cercle. Les

déformations considérables amenées dans cette région par la perspective

font qu'il est malaisé de préciser les déviations par rapport au losange

ou d'évaluer les angles de position. Nous citerons comme

particulièrement bien dessinés les objets suivants:

1. J. Herschel (XI, LIII).--2. Goldschmidt (XXIII).--3. Gärtner (XXVIII,

XXXV).--4. Kane (XXXV).--5. Arnold (XXXV).--6. Peters (XXXV).--7. Méton

(XXXV, LII).--8. Euctemon (XXXV).--9. W.-C. Bond (XIII, XXIII).

Le dernier exemple est instructif en ce qu'il nous conduit à envisager

les enceintes quadrangulaires comme des formes préliminaires de cirques,

frappées d'arrêt dans leur développement. Les orientations de W.-C. Bond

concordent avec celles d'Egede, avec les directions qui dominent dans

les Alpes, y compris la grande vallée, avec les sillons qui constituent

des cadres autour d'Eudoxe et de Platon. En comparant W.-C. Bond et

Eudoxe (V, XIII, XXV), on se convaincra bientôt que l'enceinte

quadrangulaire qui constitue le premier est l'analogue du cadre d'Eudoxe

et non du cirque lui-même, en sorte que nous avons dans la région

arctique de nombreux emplacements préparés pour des cirques futurs, mais

pour la plupart demeurés vides. Là où le cirque s'est développé, il est

quelquefois demeuré en deçà des limites qui lui étaient tracées. Mais,

le plus souvent, il les a remplies et dépassées, au point d'effacer et

de rendre méconnaissable le losange primitif.

A notre avis, l'absence de liaison apparente entre les cordons saillants

et les plaines qu'ils entourent n'autorise pas à regarder les cordons

comme étant d'importation étrangère. Il est beaucoup plus probable que

chacun d'eux est le produit du sol qui le porte et qu'il s'est trouvé

mis en relief par suite de l'affaissement du centre de la case. C'est à

la submersion des parties centrales affaissées qu'est dû l'isolement des

cordons par rapport aux plaines adjacentes, de même que celui des

montagnes intérieures par rapport aux bourrelets des cirques.

E. _Tangentes aux remparts._--Nous avons groupé ici quelques objets qui

auraient pu figurer dans nos trois premières listes à cause de la

situation spéciale qu'ils occupent par rapport aux cirques. Des traits

rectilignes tangents aux remparts actuels s'accusent soit comme arêtes

en relief, soit comme rainures, soit comme traînées blanches avec des

recrudescences locales. Ces mêmes traits se distribuent, dans chaque

région, entre des orientations peu nombreuses, et cette condition,

incompatible en apparence avec la situation de tangente commune à

plusieurs enceintes, lui est au contraire souvent associée. Il est

commun de voir le contact s'effectuer non par un seul point, mais sur

une étendue plus ou moins grande. En pareil cas, c'est le cercle qui est

déformé et non le trait rectiligne. La déformation est soustractive,

c'est-à-dire que le contour circulaire, sans montrer de tendance à

rejoindre les traits dont il s'approche, est entamé par ceux qu'il

rencontre et entravé dans son développement normal. Les cirques alignés

admettent volontiers des tangentes communes orientées comme la ligne qui

joint leurs centres.

On pourra se reporter, pour avoir la confirmation de ces remarques, aux

objets suivants énumérés à peu près dans l'ordre où croissent leurs

angles de position:

1. Sillon touchant les bords occidentaux de Purbach, Regiomontanus,

Walter (I).

2. Traits limitant Alphonse respectivement à l'Est et à l'Ouest. Ces

deux traits sont parallèles au précédent et à la veine médiane du cirque

(III, XXIII) (_fig. 43_).

3. Digue saillante formant tangente commune intérieure à Heinsius et à

Wurzelbauer (XIV, XIX).

4. Sillon formant tangente commune intérieure à Clavius et à Maginus

(XVII). Ce trait s'écarte peu, comme les trois précédents, de l'angle de

position 35°.

5. Tangente commune aux remparts est de Maginus, Street et Tycho (VII)

(_fig. 47_).

6. Sillon profond sur le trajet d'une tangente commune intérieure aux

remparts d'Albategnius et de Halley (III, XXVI).

7. Longue coupure isolant le rempart d'Archimède du massif montagneux

situé plus au Sud (XXXIV).

8. Sillon dessinant une tangente commune intérieure à Aristillus et

Autolycus (V, X, XXXIV).

9. Vague saillante, à crête blanchie, suivant une tangente commune

intérieure à Kane et à Démocrite et se prolongeant au delà de celui-ci

(XXVIII).

Pour les objets énumérés de 5 à 9, l'angle de position se tient aux

environs de 40°.

10. Sillon limitant à la fois les remparts ouest de Clavius et de

Longomontanus (VII) (_fig. 47_).

La terre et la lune: forme extérieure et structure interne · 第 30 / 54 题