Le meeting de Monaco, qui s'est ouvert il y a peu de jours, présentera
cette année un intérêt exceptionnel. L'an dernier, déjà, nous avions vu
évoluer au-dessus des yachts et des canots automobiles plusieurs
hydroaéroplanes; mais, dans cette admirable haie sillonnée par une foule
d'embarcations, les bateaux volants semblaient bien peu nombreux, et
plusieurs pilotes étaient encore insuffisamment familiarisés avec des
appareils achevés seulement depuis quelques semaines. Aujourd'hui, seize
concurrents sont en présence; monoplans et biplans de divers systèmes
reposent sur l'eau bleue, simulant à quelque distance d'énormes mouettes
arrêtées pour baigner la pointe de leurs ailes.
L'opération de la mise à l'eau, qui présente toujours certaines
difficultés, a admirablement réussi. Au moyen d'un seul plan incliné,
les seize appareils, en moins d'une heure, sont venus flotter à la place
qui leur avait été assignée. Et ce premier succès semblait un gage des
prouesses prochaines de l'escadrille.