M. VANLOO, }
M. BOUCHER, }
M. NATOIRE, }
M. VERMONT, } professeurs.
M. OUDRY, }
M. BOUCHARDON, }
M. PIGALLE, }
M. NATTIER, } adjoints à professeurs.
M. SLODTZ, }
M. MASSÉ, } conseillers.
M. CHARDIN, }
Arrête aussi que l'Académie s'assemblera le vendredi 22 du
courant, pour voir le Tableau et les bas-reliefs faits par les
élèves pour les Grands Prix, et qui sont destinés à être exposés,
suivant l'usage, à la fête de saint Louis.
_Du dimanche 18 août._
Le comité s'étant assemblé en la galerie d'Apollon, où tous
les tableaux d'exposition avoient été apportés, M. Coypel
fait l'ouverture de cette espèce de tribunal par un discours
convenable au sujet, et à la fin duquel il propose de faire
un nouveau règlement, pour mieux assurer le bon choix de ceux
qui, à l'avenir, aspireront au rang d'Académiciens, et dont il
communique même le projet.
Ce projet, goûté unanimement par le comité, est remis à la
décision de l'assemblée du dernier samedi du mois.
Après quoi on procède à l'examen ordonné.
_Du vendredi 23 août._
Assemblée extraordinaire pour voir les tableaux et les
bas-reliefs faits par les élèves de l'Académie, admis à concourir
pour les Grands Prix.
Résolu, après avoir vu lesdits ouvrages, qu'ils seront exposés,
pour le public, le jour de la Saint-Louis et jugés par l'Académie
en corps, le 31 du mois courant, et que les suffrages ne seront
donnés que ledit jour, conformément aux délibérations du 20 août
1740 et 19 août 1741, ce qui sera porté sur les billets.
M. VANLOO (Louis-Michel), premier peintre de Sa Majesté
Catholique, fait part à l'Académie, par une lettre écrite de
Madrid, de l'honneur que lui a fait le Roi de lui envoyer le
cordon de Saint-Michel.
M. SUE, adjoint à professeur pour l'anatomie, fait présent à
l'Académie d'un traité qu'il a nouvellement mis au jour, ayant
pour titre: _Abrégé de l'anatomie du corps de l'homme_.
La compagnie lui a témoigné sa reconnaissance de ce présent.
_Du samedi 31 août._
Assemblée par convocation générale pour juger les GRANDS PRIX.
Lettre de M. COYPEL adressée à la compagnie, pour s'excuser
envers elle de ce que, appelé à Versailles par un devoir
indispensable, il ne peut se trouver à cette assemblée, et pour
la prier de vouloir bien se faire lire le projet de règlement au
sujet des aspirants qu'il joint à cette lettre.
Jugement pour les Grands Prix de 1748, par la voie ordinaire des
boîtes.
_Peinture._
Premier prix le sieur METTAY.
Second ---- ---- DOYEN.
_Sculpture._
Premier prix le sieur CAFFIERI.
Second ---- ---- DUMONT.
Nouveau concours décidé ensuite, conformément à l'avis de M.
Coypel.
Le règlement au sujet des aspirants ayant été ensuite mis en
délibération, l'assemblée a adopté unanimement le projet présenté
par M. le directeur sans y faire aucun changement.
M. MOYREAU, graveur et académicien, présente deux épreuves d'une
planche, par lui gravée d'après Wouwermans, ayant pour titre: la
_Grotte du maréchal_, laquelle planche a été approuvée et mise
sous le privilège de l'Académie.
_Du samedi 7 septembre._
Conférence où M. LE COMTE DE CAYLUS lit une dissertation par lui
composée, sous le titre de l'_Amateur_, à laquelle M. COYPEL
répond par un discours.
Choix de six, entre dix-sept élèves, pour le nouveau concours sur
l'examen de leurs esquisses.
Les sieurs:
LA RUE, }
HUTIN, }
LA TRAVERSE, } Peintres.
BRIARD, }
PÉRASCHE, } Sculpteurs.
PAJOU, }
Jugement des petits prix du quartier expirant:
Premier prix le sieur DROUAIS P.
Second ---- ---- THOMIRE S.
Troisième ---- ---- LARCHER P.
M. DUCHANGE, graveur et conseiller, âgé de quatre-vingt-sept
ans, présente deux épreuves d'une planche par lui gravée d'après
M. Coypel (Charles-Antoine), dont le sujet est l'_Enfant Jésus
au berceau_: laquelle planche est mise sous le privilège de
l'Académie.
M. HALLÉ, adjoint à professeur, nommé pour suppléer M. PARROCEL,
le mois d'octobre prochain, dans le service de professeur, où ce
dernier a remontré ne pouvoir vaquer, à cause des ouvrages qu'il
a à faire pour le Roi.
_Du samedi 5 octobre._
Conférence que le secrétaire ouvre par la lecture de deux lettres
en forme de mémoires pour servir à composer la _Vie de M. Robert
le Lorrain_, sculpteur, recteur de l'Académie; l'une de ces
lettres, de M. l'abbé Le Lorrain, son fils, docteur de Sorbonne,
accompagnée d'un _État des ouvrages_ faits par feu M. Le Lorrain
à Saverne et au palais épiscopal de Strasbourg, l'autre lettre,
de M. LEMOINE le fils, professeur, jadis élève du même maître.
M. le directeur a complimenté en particulier M. Lemoine, et a
ajouté «qu'il seroit à souhaiter que son exemple fût imité de
tous ceux qui sont en état de donner de pareilles anecdotes.
_Du samedi 26 octobre._
M. LÉPICIÉ a occupé la séance par la lecture du commencement de
son _Catalogue raisonné des tableaux du Roi_, qu'il entreprend
par ordre de Sa Majesté.
La compagnie a été si contente de cet essai, qu'elle a fortement
exhorté M. Lépicié de continuer cet ouvrage avec le même zèle et
le même goût. Et de plus, dans la vue de donner à ce même ouvrage
toute la perfection dont il est susceptible, elle est convenue
que M. le directeur général sera prié de donner des ordres pour
faire apporter à l'Académie ceux des tableaux du Roi qui seront
jugés transportables, afin de la mettre en état de conférer
dessus et former des avis certains et bien approfondis sur le
talent et le goût spécifique de chacun des grands maîtres...
M. PIGALLE, adjoint à professeur, nommé en son rang, pour
suppléer, le mois prochain, le service de professeur pour M.
Coustou, absent.
Convenu que, le premier samedi du mois prochain se rencontrant
avec la fête des Trépassés, l'assemblée seroit remise à huitaine.
_Du samedi 9 novembre._
Conférence ouverte par M. LECLERC, professeur pour la
perspective, par la lecture d'une dissertation sur l'_Utilité de
la perspective_ dans la peinture, et même dans la sculpture et
dans la gravure.
Convenu que la dernière assemblée de ce mois sera avancée d'un
jour, parce que le dernier samedi se trouvera être un jour de
fête (celle de saint André).
_Du vendredi 29 novembre._
Examen des tableaux et bas-reliefs.
.....L'Académie a jugé à propos, pour établir l'égalité et avoir
du choix, de ne destiner qu'un prix à la sculpture et d'appliquer
les trois autres à la peinture.
De plus, elle a réglé que pour encourager les concurrents qui
auront le plus de suffrages après ceux qui auront remporté le
prix, il leur sera accordé un accessit.
M. LE COMTE DE CAYLUS a ensuite lu la _Vie d'Eustache Lesueur_
beaucoup plus intéressante et plus instructive que celles qui ont
été données précédemment.
Et M. COYPEL y a répondu par un petit discours.
Le service pour le repos des âmes de MM. les officiers et
académiciens décédés dans l'année courante et les précédentes,
indiqué pour le samedi 7 du mois de décembre prochain, pour être
célébré en l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois, et ordonné que
tous les membres du corps académique y seront invités par billets.
_Du samedi 7 décembre._
Le service célébré en conséquence ledit jour, à dix heures du
matin.
Jugement pour les prix du second concours par la voie des boîtes,
en la manière accoutumée.
_Peinture._
Premier prix le sieur HUTIN.
Second ---- ---- LA TRAVERSE.
Autre second prix ---- LA RUE.
Accessit ---- BRIARD.
_Sculpture._
Premier prix le sieur PAJOU.
Accessit ---- PERASCHE.
Comme le dernier samedi du mois se rencontre avec la fête des
saints innocents, convenu que l'assemblée à la fin de l'année
sera remise au mardi 31 courant.
_Du mardi 31 décembre._
Jugement pour les petits prix du quartier expirant:
Premier prix le sieur JOLLAIN P.
Second ---- ---- GUIBAL P.
Troisième ---- ---- DUPRÉ S.
M. JACQUES-CHARLES OUDRY, peintre à talent, agréé le 24 février
dernier, présente son tableau de réception représentant sur le
devant une daine (_sic_) morte, groupée avec un panier de gibier
et autres accessoires, et est reçu par le scrutin, et prête
serment.
M. COYPEL, après avoir exposé en peu de mots les avantages du
_Nouvel Établissement de l'École royale_, fait la lecture du
règlement arrêté par M. de Tournehem pour déterminer et diriger
les exercices de cette école.
Notifié à l'assemblée, par le secrétaire, que M. de Tournehem a
décidé que les sieurs METTAY et CAFFIERI iront incessamment à
Rome, en qualité de pensionnaires du Roi, que le sieur HUTIN s'y
rendra de même au mois de septembre prochain, et qu'en attendant
il entrera à l'École royale où seront reçus aussi les cinq autres
élèves qui ont eu des prix dans les deux derniers concours,
sçavoir: les sieurs Doyen, Dumont, Pajou, La Traverse et La Rue.
M. NATTIER, adjoint à professeur, est nommé à son rang pour
suppléer, le mois prochain, le service de professeur pour M.
Bouchardon, qui a prié d'en être dispensé à cause de l'occupation
que lui donne la figure équestre du Roi.
La députation qu'il est d'usage de faire au renouvellement de
l'année vers M. le directeur général et vers M. de Vandières, son
survivancier, réglée par l'assemblée, pour être composée de M.
COYPEL, directeur, et M. DE SILVESTRE, ancien recteur, et de MM.
les officiers en exercice.
Les visites des tableaux, figures et effet étant en l'Académie,
établies par la délibération du 20 juillet 1747, ayant été
faites par les officiers en exercice, ils déclarent avoir trouvé
le tout en bonne conservation.
M. LE MARQUIS DE CALVIÈRES, associé libre, ayant été promu au
grade de lieutenant-général des armées du Roi, le secrétaire est
chargé à ce sujet de lui écrire une lettre de félicitation au nom
de la compagnie.
M. MOYREAU, graveur et académicien, présente deux épreuves
d'après une planche par lui gravée d'après Wouwermans, et qui a
pour titre: _les Marchands forains_. Cette planche, approuvée
et mise sous le privilège accordé à l'Académie par l'arrêt du
conseil du 28 juin 1714.
Fin du journal des séances.
Vu:
LÉPICIÉ.
Alors s'ouvre une série de biographies particulières[63] des peintres,
sculpteurs, dessinateurs, graveurs, architectes du XVIIIe siècle, bien
maigres biographies, hélas! formées en général d'un petit nombre de
feuillets détachés d'un recueil, et de rares notices de quelques pages,
que j'ai cherché à grossir ici, avec un morceau manuscrit émané d'un
artiste, là avec un petit paquet de lettres, plus loin avec les notes
d'un carnet de poche, plus loin encore avec une supplique racontant une
vie: autographes qui, ainsi mêlés aux plaquettes imprimées, font un
petit corps d'histoire artistique, où il se rencontre pas mal d'inédit.
[63] Mon analyse ne porte pas sur les biographies de date
récente, à moins toutefois que le petit nombre de leur tirage
et leur publication en province n'en fasse des raretés.
J'ai dit biographies détachées de quelques recueils, et en effet, sans
l'ORDRE CHRONOLOGIQUE DES DEUILS DE COUR, petit in-12, publié en 1766,
et dont la suite a paru sous le titre du NÉCROLOGE DES HOMMES CÉLÈBRES
DE LA FRANCE, nous n'aurions pour ainsi dire pas de biographies
d'Aubry, de Boucher, de Deshays, de Drouais, de Gravelot, de Leprince,
de Carle Vanloo, etc.
Passons en revue, au nom de chaque artiste, quelque plaquette rare ou
quelque bout de papier autographe.
BOUCHER DE VILLERS. «Précis pour le sieur Boucher de Villers, peintre,
dessinateur des médailles pour le cabinet du Roi, contre le sieur
Costel, apothicaire.» Un procès imprimé, dans lequel la verve d'un
Coqueley de Chaussepierre amusa un moment la galerie aux dépens d'un
Purgon «possédant la plus jolie figure d'apothicaire sans comparaison
qu'il y eut à Paris», mais qui toutefois se refusait à payer son
portrait, sous prétexte qu'il n'était pas ressemblant.
BOISSIEU. «Hommage rendu à la mémoire de Jean-Jacques de Boissieu par
le conseil du Conservatoire des Arts de Lyon, dans la séance du 9 mars
1810. De l'imprimerie de Cutty.»
CAFFIERI. Une lettre autographe signée de Jean-Jacques Caffieri à un
confrère, nous permet d'ajouter au volumineux volume, publié par M.
Guiffrey, un document inédit, dans lequel le sculpteur fixe le prix de
ses statues et de ses bustes:
Paris, 6 décembre 1791.
_Monsieur et cher confrère_,
_J'ai appris avec grand plaisir que l'Impératrice de Russie vous
avoit nommé son premier peintre. Son choix justifie sa sagacité
et j'aime la voir toujours rendre justice aux talents. Je vous
fais mon sincère compliment de cet événement qui prouve que si
le mérite est quelquefois opprimé, il est aussi récompensé. Je
ne doute pas que dans la place que vous allés occuper, vous ne
méritiez bientôt toute la confiance de la souveraine et si par
hasard elle projetoit de faire ériger quelque statue, ou si
vous trouviez l'occasion de l'engager à le faire, je vous prie
de vous ressouvenir d'un ancien ami. Je désire depuis longtemps
travailler pour cette grande princesse et ce seroit un bien
honneur pour moi que mes talents puissent lui être agréables. Je
remets mes intérêts entre vos mains, persuadé qu'ils ne peuvent
être mieux placés, et que vous ferés quelque chose en faveur de
l'ancienne amitié. Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter, non
des succès, ils sont assurés d'avance, mais une bonne santé et
bien des agréments._
_Je suis, avec la plus parfaite estime et sincère amitié, votre
très humble et très obéissant serviteur._