SAINT-AUBIN (_Augustin de_). Un cadet moins peintre, moins savant
dessinateur, moins artiste que son aîné, mais doué d'un contour de
grâce, d'une suavité de dessin, d'une naïve _galantiste_ d'art, qui
en fait le peintre de la volupté de la femme de son temps. Pour le
juger complètement, il faudrait qu'un habile fureteur déterrât les
originaux de son «Bal paré» et de son «Concert bourgeois», ces deux
représentations typiques du monde du XVIIIe siècle, exposées au Salon
de 1773, et faites avec ce joli procédé qui lui réussit si bien: un
doux crayonnage balayé d'un nuage d'aquarelle. Dans l'ordre de ces
dessins de vapeurs, et parmi lesquels je citerai la première idée de
«Au moins soyez discret», c'est dans un certain vague à peine coloré
d'aquarelle ou de pastel, comme la pâle vision d'une femme rose,
entrevue dans un rêve amoureux.
--Portrait à mi-corps et de profil, du dessinateur à l'âge de
vingt-huit ans. Il a les cheveux en accommodage du matin, un
carton sur les genoux, un porte-crayon au bout de sa main droite,
levée et tendue. Au fond, sur un chevalet, une toile représentant
une nudité mythologique.
Bistre sur trait de plume.
Signé: _Aug. de Saint-Aubin del. 1764_.
Vente Renouard.