PORTAIL (_Jacques-André_). Des deux crayons ayant l'air de dessins de
la vieillesse de Watteau--qui n'en eut pas,--des dessins hésitants,
tâtonnés, et comme tracés par des doigts un peu tremblants, et jamais,
sans cette belle audace même dans la maladresse, qu'ont parfois
et Pater et Lancret; des dessins cependant tout pleins, dans une
interprétation ingénue et plaisamment maladroite, de la physionomie
du XVIIIe siècle. Longtemps ces deux crayons se vendaient sans
qualification. Ce n'est qu'en 1851, à la vente du baron de Silvestre,
que l'apparition d'une dizaine de ces dessins, sauvés des soixante-neuf
ramassés par son grand-père, le Maître à dessiner des enfants de
France, réapprenait aux amateurs et aux marchands le nom du _bonhomme_
Portail. On remarquera qu'en général les dessins de Portail sont
seulement à la sanguine et à la pierre noire sans mélange de craie.
Indépendamment de ces deux crayons, Portail, dont le titre était
«peintre de fleurs», a exécuté, à l'aquarelle et à la gouache, de
nombreuses et savantes études de fleurs, de plantes même de légumes,
dont quelques-unes, indépendamment d'une série de miniatures, passaient
à la vente de M. de Menars. Elles sont la plupart, maintenant, je
crois, en la possession du marquis de Chennevières.
--Portrait du peintre, en buste, vu de trois quarts et tourné à
gauche, la tête un peu soulevée, une joue appuyée sur sa main
droite.
Dessin à la pierre noire et à la sanguine avec quelques touches
de lavis à l'encre de Chine.
Une inscription d'une écriture du temps porte dans la marge:
_Dessiné par M. Portail, de l'Académie royale de peinture et
sculpture, premier dessinateur du cabinet du Roi, garde des plans
et tableaux de la couronne_.
Vente Aussant.