H. 16, L. 23.

PORTAIL (_Jacques-André_). Des deux crayons ayant l'air de dessins de

la vieillesse de Watteau--qui n'en eut pas,--des dessins hésitants,

tâtonnés, et comme tracés par des doigts un peu tremblants, et jamais,

sans cette belle audace même dans la maladresse, qu'ont parfois

et Pater et Lancret; des dessins cependant tout pleins, dans une

interprétation ingénue et plaisamment maladroite, de la physionomie

du XVIIIe siècle. Longtemps ces deux crayons se vendaient sans

qualification. Ce n'est qu'en 1851, à la vente du baron de Silvestre,

que l'apparition d'une dizaine de ces dessins, sauvés des soixante-neuf

ramassés par son grand-père, le Maître à dessiner des enfants de

France, réapprenait aux amateurs et aux marchands le nom du _bonhomme_

Portail. On remarquera qu'en général les dessins de Portail sont

seulement à la sanguine et à la pierre noire sans mélange de craie.

Indépendamment de ces deux crayons, Portail, dont le titre était

«peintre de fleurs», a exécuté, à l'aquarelle et à la gouache, de

nombreuses et savantes études de fleurs, de plantes même de légumes,

dont quelques-unes, indépendamment d'une série de miniatures, passaient

à la vente de M. de Menars. Elles sont la plupart, maintenant, je

crois, en la possession du marquis de Chennevières.

--Portrait du peintre, en buste, vu de trois quarts et tourné à

gauche, la tête un peu soulevée, une joue appuyée sur sa main

droite.

Dessin à la pierre noire et à la sanguine avec quelques touches

de lavis à l'encre de Chine.

Une inscription d'une écriture du temps porte dans la marge:

_Dessiné par M. Portail, de l'Académie royale de peinture et

sculpture, premier dessinateur du cabinet du Roi, garde des plans

et tableaux de la couronne_.

Vente Aussant.

La maison d'un artiste, Tome 1 · 第 263 / 443 题