PATER (_Jean-Baptiste_). En dépit de la disproportion des parties d'un
corps, d'un dégingandement parfois singulier de ses figures dessinées,
Pater est le dessinateur qui approche le plus de son Maître. Il ne vous
trompera pas avec un de ses trois crayons,--là Watteau défie tout le
monde;--mais le plus fin connaisseur pourra être pris à un croquis,
à un croqueton à la sanguine, tant l'élève s'est assimilé le jet et
le ressentiment du contour de Watteau. Disons ici que c'est tout à
fait une rareté que de rencontrer un dessin qui soit la première idée
presque complète d'un tableau de Pater; on ne connaît guère de lui
que des études de figures isolées. Sous le nom de Pater je catalogue,
avec une espèce de certitude, un lavis dont pour moi le pointillage
du pinceau a la plus grande analogie avec le faire du crayonnage du
dessinateur; toutefois, pour affirmer d'une manière positive mon
attribution, il aurait fallu voir des lavis de ce maître parfaitement
authentiques, et je n'en connais pas.
--Un couple assis sur un tertre et devisant; dans le fond, à
gauche, un galant dont la tête n'est indiquée que par un ovale,
caressant la gorge d'une femme qui se défend.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
Première idée du tableau gravé par Filleul, sous le titre:
L'AMOUR ET LE BADINAGE.