OLIVIER (_Michel-Barthélemy_). Des dessins non signés, que les
marchands ont offerts pendant longtemps aux amateurs, sous des
attributions absurdes, et que les amateurs n'achetaient pas, les
croyant fabriqués par un faussaire: ces dessins ayant quelque chose
d'une modernité suspecte. Enfin, il y a une quinzaine d'années, dans
une vente, je crois, d'un descendant d'Olivier, arrivait aux enchères
un lot de ses eaux-fortes et de ses dessins, dont quelques-uns étaient
la première idée de quelques-unes des eaux-fortes. Ce jour-là on était
fixé sur ces dessins inconnus, on avait à faire à Olivier, le peintre
officiel du prince de Conti, l'auteur des curieux tableaux du _Thé à
l'anglaise dans le salon des Quatre-Glaces au Temple_, de la _Fête dans
le Bois de Cassan à l'Ile-Adam_. Les dessins d'Olivier sont de petits,
petits, petits dessins, à la recherche d'intentions spirituelles, et
s'appliquant à rappeler dans le mélange de la sanguine, du crayon noir,
de la craie, l'esprit et la couleur des dessins de l'école de Watteau.
Quelquefois même des touches de pastel viennent s'ajouter aux trois
crayons et agrémenter les études du peintre galant du Temple, d'un
coloriage léger et gai. Très souvent aussi, à l'imitation de Watteau,
le sujet principal est accompagné du crayonnage d'une tête, d'un bras,
d'une main, d'un croqueton qui fait contraste avec l'étude terminée.
--Deux femmes de profil, tournées à gauche, se promenant. Elles
sont habillées en grand habit avec des plumes dans les cheveux;
l'une d'elles tient à la main un éventail fermé. Sur le fond est
jetée une étude de tête.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.