HOIN (_Claude_). Un nom d'artiste complètement sombré, et que seulement
depuis quelques années vient de réapprendre aux amateurs le passage,
dans les ventes d'estampes, de deux ou trois gravures en couleur
d'après ses compositions. Les experts avaient une telle défiance de
l'inconnu de son nom, et cela encore à la vente Tondu, qu'ils livraient
aux enchères ses gouaches, signées en toutes lettres, sous le nom de
Fragonard. Un très habile gouacheur que Hoin, et peut-être l'inventeur
de ces petits zigzags de blanc, employés si joliment par Hall dans
les demi-teintes neutres de ses étoffes, et qui font l'effet de ces
sillons brillants qu'un patin laisse sur la glace. Hoin faisait, par
parenthèse, annoncer que ces coups de blanc étaient exécutés avec le
blanc de zinc, tout nouvellement inventé par le chimiste de Morveau.
Hoin, en définitive, est l'un des quatre ou cinq plus remarquables
gouacheurs du siècle. On ne peut lui reprocher qu'un goût trop prononcé
pour la coloration gorge de pigeon, qui apporte à ses compositions une
harmonie un peu ardoisée.
--Mme Dugazon dans le rôle de Nina. Elle est représentée en
fichu de gaze, en corsage jaune, en robe de mousseline blanche à
dessous rose, courant vers une grille de château, des fleurs dans
les cheveux, un bouquet à la main.
Gouache.
Signé sur une pierre de la grille: _Hoin P. de M._ (peintre de
Monsieur), 1789.
Composition différente de Nina la folle, gravée en couleur par
Janinet en 1787, d'après Hoin.
Vente Tondu.