COCHIN (_Charles-Nicolas_). Le dessinateur issu de ces générations
d'artistes, que Marolles appelait les _faciles Cochins_, l'homme qui
dessina pendant soixante-sept ans, se reposant le soir des dessins de
commande de la journée par des dessins pour les amis, l'historiographe
au trait des Mariages et des Deuils royaux, le _profileur_ des
célébrités de son temps, l'_estampier_ de tous les livres illustrés
de l'époque, l'alerte crayonneur, dans une silhouette à la Guardi, du
petit gentilhomme cambré, de la petite femme à la jupe ballonnante
d'alors, et auxquels il fait une physionomie avec quatre points
d'encre, le dessinateur à la pierre noire, à la mine de plomb, à la
sanguine, au bistre, à l'encre de Chine, à l'aquarelle! Disons, par
parenthèse, que Cochin est un assez piètre aquarelliste et dont les
grandes aquarelles des Fêtes de cour ne valent pas beaucoup mieux que
des enluminures, et Moreau jeune lui-même n'est guère plus aquarelliste
que Cochin. De vrais peintres à l'eau, de coloristes tripoteurs du
procédé, il n'y a guère parmi tous les artistes français du XVIIIe, que
Baudouin et Gabriel de Saint-Aubin, et encore, dans le paysage, Moreau
l'aîné, dont je me rappelle une petite vue du Pont-Neuf, qui avait tous
les caractères de modernité d'une aquarelle anglaise de 1830.
Dans la série des Cochin qui sont réunis ici, il en est trois, qui sont
de précieux documents pour l'histoire de notre ancienne académie, de
son enseignement: ils nous font assister à une séance du modèle, ils
nous introduisent dans la salle d'un concours.
--Portrait de Fenouillot de Falbaire; il est représenté dans un
petit cadre octogone, surmonté d'un rameau de chêne.
Dessin à la pierre noire.
Signé au-dessous de la tablette: _C. N. Cochin delin. 1787_.
Gravé par Augustin de Saint-Aubin.