Oh! quand donc, au milieu de tant de cours de sciences physiques,
théologiques, économiques, mathématiques, métaphysiques, qui aiguisent
l'intelligence professionnelle, mais qui quelquefois faussent
l'intelligence générale de notre siècle, aurons-nous enfin un cours de
bon sens politique, non pas calqué sur les utopies de Platon, mais
dérivé de la nature de l'homme; retrouvant l'origine des lois dans ces
législations innées qui sont nos instincts?
Il nous faudrait pour cela un second Montesquieu; le temps le demande
et la Providence nous le doit. Le premier Montesquieu nous a fait
l'_Esprit des lois_, le second nous ferait l'_Esprit_ de la nature
humaine; plus son plan social serait parfait, plus il s'éloignerait en
tout de celui de Platon.
Au lieu de prendre le contre-pied de l'homme naturel et de l'homme
historique, ce second Montesquieu suivrait pas à pas la nature
humaine, pour lui faire des institutions à la mesure de ses organes,
et non à la mesure de ses rêves.
Ne voit-on pas, dans plusieurs passages du premier Montesquieu, comme
dans tant de pages de Voltaire, combien le législateur méprisait le
sophiste?