XXXII.

Oh! quand donc, au milieu de tant de cours de sciences physiques,

théologiques, économiques, mathématiques, métaphysiques, qui aiguisent

l'intelligence professionnelle, mais qui quelquefois faussent

l'intelligence générale de notre siècle, aurons-nous enfin un cours de

bon sens politique, non pas calqué sur les utopies de Platon, mais

dérivé de la nature de l'homme; retrouvant l'origine des lois dans ces

législations innées qui sont nos instincts?

Il nous faudrait pour cela un second Montesquieu; le temps le demande

et la Providence nous le doit. Le premier Montesquieu nous a fait

l'_Esprit des lois_, le second nous ferait l'_Esprit_ de la nature

humaine; plus son plan social serait parfait, plus il s'éloignerait en

tout de celui de Platon.

Au lieu de prendre le contre-pied de l'homme naturel et de l'homme

historique, ce second Montesquieu suivrait pas à pas la nature

humaine, pour lui faire des institutions à la mesure de ses organes,

et non à la mesure de ses rêves.

Ne voit-on pas, dans plusieurs passages du premier Montesquieu, comme

dans tant de pages de Voltaire, combien le législateur méprisait le

sophiste?

Cours familier de Littérature - Volume 14 · 第 148 / 228 题