«Après ces paroles, elle frappe du fouet brillant les mules, qui
abandonnent bientôt les bords du fleuve; elles courent, et battent le
sol de leurs pieds alternatifs. Nausicaé les conduit en usant
adroitement du fouet, de telle sorte qu'Ulysse et ses compagnes, qui
sont à pied, les puissent suivre. Le soleil baissait quand ils
atteignirent le bois renommé consacré à Minerve. Là, le divin Ulysse
s'assoit et implore aussitôt la fille du grand Jupiter.
«Écoute-moi, fille invincible du dieu qui tient l'égide, exauce-moi,
maintenant du moins, puisque tu ne m'as pas exaucé lorsque, ballotté
sur les ondes, j'étais le jouet du furieux Neptune; et fais que
j'inspire aux Phéaciens la bienveillance et la pitié.
«Il dit, Minerve l'entend; mais elle ne se manifeste pas aux regards
du héros, car elle redoute le frère de son père Neptune, dont le
courroux violent persécutait le divin Ulysse jusqu'à ce qu'il eût
retrouvé son pays.»
* * * * *
Je n'oublierai jamais quelle noblesse et quels accents M. Manos sut
donner à sa voix en psalmodiant ces vers d'Homère.»