COMMENTAIRE.

«Je vois encore dans le miroir de ma mémoire, si fidèle pour les

images helléniques, ce petit tableau tel qu'il m'est apparu à Scio.

«Aux rayons de la lune, qui répand une si douce lueur dans ces régions

asiatiques, aux derniers bruits que la mer apaisée jette sur la plage,

les filles de Scio venaient, sur le banc de pierre dressé à la porte

de leur maison, écouter les plaintes et les déclarations d'amour des

jeunes hommes, quelquefois mêler leurs voix aux chants passionnés, au

son du téorbe ou de la mandoline. Or cette chanson n'est qu'un des

soupirs recueillis au milieu de ces coutumes qui proclamaient au loin

l'antique réputation d'innocence attribuée, à toutes les époques, aux

belles habitantes de l'île devenue si misérable.»

Il faudrait lire encore la complainte des blanchisseuses qui lavent le

châle et la veste de l'étranger, pour qu'à son retour dans sa patrie,

la mère et les soeurs n'accusent pas les filles de l'île de dureté et

de parcimonie envers le pauvre matelot!

Cours familier de Littérature - Volume 14 · 第 29 / 228 题