I. L'INNOCENTE TRAHIE

Voyez cette fille de campagne: que ses regards sont innocents! que ses

habits sont propres quoique unis! N'êtes-vous pas indigné de voir la

maquerelle qui n'oublie rien pour la débaucher? Elle couvre ses desseins

sous le voile de la piété et ne parle que de prières et de dévotions,

jusqu'à ce que la pauvrette soit vendue et livrée à Francisque.

Voyez ce vieux paillard, comme il lorgne la belle: il est l'emblème

véritable d'un satyre impudique.

Le curé de campagne arrive à la ville avec une méchante rosse. Jugez ce

qui l'amène: moins à faire et mieux payé.

L'oeuvre de John Cleland: Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir Introduction, essai bibliographique par Guillaume Apollinaire · 第 5 / 25 题