[1469] _Var._ Tous les quatre, au besoin, en ont fait leur asile.

(1639-59)

[1470] _Var._ Son adultère amour, son trépas impourvu[1470-a].

(1639)

[1470-a] Voyez tome I, p. 183, note 3.

[1471] _Var._ Par où ses compagnons et lui dans leur métier.

(1639-57)

[1472] _Var._ Ravissant dans Paris un peuple tout entier. (1639)

[1473] _Var._ Est en un point si haut qu'un chacun l'idolâtre.

(1639-57)

[1474] _Var._ Parmi leurs passe-temps il tient les premiers

rangs. (1639-64)

[1475] _Var._ S'il faut par la richesse estimer les personnes.

(1639-57)

[1476] _Var._ Plus de biens et d'honneur qu'il n'eût trouvé chez

vous. (1639-57)

[1477] _Var._ A banni cette erreur avecque la tristesse. (1639)

[1478] _Var._ Quelles grâces ici ne vous dois-je pas rendre?

(1652-57)

COMPLÉMENT DES VARIANTES.

1560 _Var._ [N'aura plus que les tiens pour maîtres et pour

Dieux:] Que leurs attraits unis....LYSE. La princesse

s'avance, Madame. CLIND. Cachez-vous, et nous faites

silence. Écoute-nous, mon âme, et par notre entretien Juge

si son objet m'est plus cher que le tien.

SCÈNE IV.

CLINDOR[1479], ROSINE.

ROS. Débarrassée enfin d'une importune suite,

Je remets à l'amour le soin de ma conduite,

Et pour trouver l'auteur de ma félicité,

Je prends un guide aveugle en cette obscurité.

Mais que son épaisseur me dérobe la vue!

Le moyen de le voir ou d'en être aperçue!

Voici la grande allée, il devroit être ici,

Et j'entrevois quelqu'un. Est-ce toi, mon souci?

CLIND. Madame, ôtez ce mot dont la feinte se joue,

Et que votre vertu dans l'âme désavoue:

C'est assez déguisé, ne dissimulez plus

L'horreur que vous avez de mes feux dissolus.

Vous avez voulu voir jusqu'à quelle insolence

D'une amour déréglée iroit la violence,

Vous l'avez vu, Madame, et c'est pour la punir

Que vos ressentiments vous font ici venir.

Faites sortir vos gens destinés à ma perte,

N'épargnez point ma tête; elle vous est offerte:

Je veux bien par ma mort apaiser vos beaux yeux,

Et ce n'est pas l'espoir qui m'amène en ces lieux.

ROS. Donc au lieu d'un amour rempli d'impatience,

Je ne rencontre en toi que de la défiance?

As-tu l'esprit troublé de quelque illusion?

Est-ce ainsi qu'un guerrier tremble à l'occasion?

Je suis seule, et toi seul, d'où te vient cet ombrage?

Te faut-il de ma flamme un plus grand témoignage?

Crois que je suis sans feinte à toi jusqu'à la mort.

CLIND. Je me garderai bien de vous faire ce tort:

Une grande princesse a la vertu plus chère.

ROS. Si tu m'aimes, mon coeur, quitte cette chimère.

CLIND. Ce n'en est point, Madame, et je crois voir en vous

Plus de fidélité pour un si digne époux.

ROS. Je la quitte pour toi; mais, Dieux! que je m'abuse,

De ne voir pas encor qu'un ingrat me refuse!

Son coeur n'est plus que glace, et mon aveugle ardeur

Impute à défiance un excès de froideur.

Va, traître, va, parjure, après m'avoir séduite,

Ce sont là des discours d'une mauvaise suite:

Alors que je me rends, de quoi me parles-tu?

Et qui t'amène ici me prêcher la vertu?

CLIND. Mon respect, mon devoir et ma reconnoissance

Dessus mes passions ont eu cette puissance.

Je vous aime, Madame, et mon fidèle amour

Depuis qu'on l'a vu naître a crû de jour en jour;

Mais que ne dois-je point au prince Florilame?

C'est lui dont le respect triomphe de ma flamme:

Après que sa faveur m'a fait ce que je suis....

ROS. Tu t'en veux souvenir pour me combler d'ennuis.

Quoi! son respect peut plus que l'ardeur qui te brûle?

L'incomparable ami, mais l'amant ridicule,

D'adorer une femme et s'en voir si chéri,

Et craindre au rendez-vous d'offenser un mari!

Traître, il n'en est plus temps: quand tu me fis paroître

Cette excessive amour qui commençoit à naître,

Et que le doux appas d'un discours suborneur

Avec un faux mérite attaqua mon honneur,

C'est lors qu'il te falloit à ta flamme infidèle

Opposer le respect d'une amitié si belle,

Et tu ne devois pas attendre à l'écouter

Quand mon esprit charmé ne le pourroit goûter.

Tes raisons vers tous deux sont de foibles défenses:

Tu l'offensas alors, aujourd'hui tu m'offenses[1480];

Tu m'aimois plus que lui, tu l'aimes plus que moi.

Crois-tu donc à mon coeur donner ainsi la loi[1481],

Que ma flamme à ton gré s'éteigne ou s'entretienne,

Et que ma passion suive toujours la tienne?

Non, non, usant si mal de ce qui t'est permis,

Loin d'en éviter un, tu fais deux ennemis.

Je sais trop les moyens d'une vengeance aisée:

Phèdre contre Hippolyte aveugla bien Thésée,

Et ma plainte armera plus de sévérité

Avec moins d'injustice et plus de vérité.

CLIND. Je sais bien que j'ai tort, et qu'après mon audace

Je vous fais un discours de fort mauvaise grâce;

Qu'il sied mal à ma bouche, et que ce grand respect

Agit un peu bien tard pour n'être point suspect;

Mais pour souffrir plus tôt la raison dans mon âme,

Vous aviez trop d'appas, et mon coeur trop de flamme:

Elle n'a triomphé qu'après un long combat.

ROS. Tu crois donc triompher lorsque ton coeur s'abat?

Si tu nommes victoire un manque de courage,

Appelle encor service un si cruel outrage,

Et puisque me trahir, c'est suivre la raison,

Dis-moi que tu me sers par cette trahison.

CLIND. Madame, est-ce vous rendre un si mauvais service,

De sauver votre honneur d'un mortel précipice?

Cet honneur qu'une dame a plus cher que les yeux....

ROS. Cesse de m'étourdir de ces noms odieux.

N'as-tu jamais appris que ces vaines chimères

Qui naissent aux cerveaux des maris et des mères,

Ces vieux contes d'honneur n'ont point d'impressions

Qui puissent arrêter les fortes passions?

Perfide, est-ce de moi que tu le dois apprendre?

Dieux! jusques où l'amour ne me fait point descendre?

Je lui tiens des discours qu'il me devroit tenir,

Et toute mon ardeur ne peut rien obtenir.

CLIND. Par l'effort que je fais à mon amour extrême,

Madame, il faut apprendre à vous vaincre vous-même,

A faire violence à vos plus chers desirs,

Et préférer l'honneur à d'injustes plaisirs,

Dont au moindre soupçon, au moindre vent contraire

La honte et les malheurs sont la suite ordinaire.

ROS. De tous ces accidents rien ne peut m'alarmer:

Je consens de périr à force de t'aimer.

Bien que notre commerce aux yeux de tous se cache,

Qu'il vienne en évidence, et qu'un mari le sache,

Que je demeure en butte à ses ressentiments,

Que sa fureur me livre à de nouveaux tourments:

J'en souffrirai plutôt l'infamie éternelle

Que de me repentir d'une flamme si belle.

SCÈNE V.

CLINDOR[1482], ROSINE, ISABELLE[1483], LYSE[1484], ÉRASTE, TROUPE

DE DOMESTIQUES[1485].

ÉR. Donnons, ils sont ensemble.

ISAB. Oh Dieux! qu'ai-je entendu?

LYSE. Madame, sauvons-nous.

PRID. Hélas! il est perdu.

CLIND. Madame, je suis mort, et votre amour fatale

Par un indigne coup aux enfers me dévale.

ROS. Je meurs, mais je me trouve heureuse en mon trépas,

Que du moins en mourant je vais suivre tes pas.

ÉR. Florilame est absent; mais durant son absence,

C'est là comme les siens punissent qui l'offense:

C'est lui qui par nos mains vous envoie à tous deux

Le juste châtiment de vos lubriques feux[1486].

ISAB. Réponds-moi, cher époux, au moins une parole:

C'en est fait, il expire, et son âme s'envole.

Bourreaux, vous ne l'avez massacré qu'à demi:

[Il vit encore en moi; soûlez son ennemi;

Achevez, assassins, de m'arracher la vie;]

Sa haine sans ma mort n'est pas bien assouvie.

ÉR. Madame, c'est donc vous!

ISAB. Oui, qui cours au trépas.

ÉR. Votre heureuse rencontre épargne bien nos pas:

Après avoir défait le prince Florilame

D'un ami déloyal et d'une ingrate femme,

Nous avions ordre exprès de vous aller chercher.

ISAB. Que voulez-vous de moi, traîtres?

ÉR. Il faut marcher:

Le prince, dès longtemps amoureux de vos charmes,

Dans un de ses châteaux veut essuyer vos larmes.

ISAB. Sacrifiez plutôt ma vie à son courroux.

ÉR. C'est perdre temps, Madame, il veut parler à vous.

(_Ici on rabaisse une toile qui couvre le jardin et le reste des

acteurs, et le Magicien et le père sortent de la grotte_[1487].)

SCÈNE VI.

ALCANDRE, PRIDAMANT.

[ALC. Ainsi de notre espoir la fortune se joue.] (1639-57)

FIN DU COMPLÉMENT DES VARIANTES.

FOOTNOTES:

[1479] CLINDOR, _représentant Théagène_. (1644-57)

[1480] Tu l'offensois alors, aujourd'hui tu m'offenses. (1644-57)

[1481] Crois-tu donc à mon coeur donner toujours la loi.

(1644-57)

[1482] CLINDOR, _représentant Théagène_. (1644-57)

[1483] ISABELLE, _représentant Hippolyte_. (1644-57)

[1484] LYSE, _représentant Clarine_. (1644-57)

[1485] TROUPE DE DOMESTIQUES DE FLORILAME. (1644-57)

[1486] Ce juste châtiment de vos lubriques feux. (1644-57)

[1487] Ce jeu de scène manque dans l'édition de 1639.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE DEUXIÈME VOLUME.

LA GALERIE DU PALAIS, comédie 1

Notice 3

A Madame de Liancour 10

Examen 11

LA GALERIE DU PALAIS 17

LA SUIVANTE, comédie 113

Notice 115

A Monsieur *** 116

Examen 120

LA SUIVANTE 127

LA PLACE ROYALE, comédie 215

Notice 217

A Monsieur *** 219

Examen 221

LA PLACE ROYALE 225

LA COMÉDIE DES TUILERIES, par les cinq auteurs (IIIe acte) 303

Notice 305

Argument 309

LA COMÉDIE DES TUILERIES (IIIe acte) 311

MÉDÉE, tragédie 327

Notice 329

A Monsieur P. T. N. G. 332

Examen 333

MÉDÉE 341

L'ILLUSION, comédie 421

Notice 423

A Mademoiselle M. F. D. R. 430

Examen 432

L'ILLUSION 435

Complément des variantes 524

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.

PARIS.--IMPRIMERIE DE CH. LAHURE ET Cie

Rue de Fleurus, 9

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Œuvres de P. Corneille, Tome 02 · 第 30 / 30 段