1º Appareil pour le transport d’un courant électrique et la
reproduction successive, à l’aide de ce même courant, d’un nombre
quelconque d’effets mécaniques.
2º Appareil contrôleur et distributeur des courants électriques
pouvant obvier aux arrêts des courants formant un long circuit.
3º Régulateur électrique sans aucun rouage, à l’abri de toute
influence des variations des courants électriques.
4º Pendule électrique populaire, marchant par un petit élément
_Daniel_, et pouvant conduire, sans augmentation de dépense
d’électricité, un cadran de deux mètres de diamètre.
5º Sonnerie électrique sans aucun rouage, pouvant être conduite à
quelque distance que ce soit par la pendule électrique ci-dessus.
6º Cadran électrique pour clocher ou autre monument, marchant sans
le secours d’horloge-type. Ce cadran, le premier de ce genre, a
été placé au fronton de l’Hôtel-de-Ville de Blois, auquel j’en ai
fait hommage. Il marche, depuis dix ans, avec la plus grande
régularité.
7º Nouvelle disposition électrique servant à supprimer
automatiquement, pendant la nuit, un courant électrique et à le
rétablir pendant le jour. Ce système produit une économie de moitié
et peut s’appliquer aux cadrans qui ne sont pas éclairés, la nuit.
8º Pile de Smee, ne plongeant dans le liquide que lorsque son
courant est nécessaire à une action mécanique, et se relevant
aussitôt qu’elle ne doit plus fonctionner.
9º Nouvelle sonnerie pour les grosses cloches, conduite par la
petite pendule nº 4.
10º _Répartiteur électrique_, à l’aide duquel on peut centupler une
attraction magnétique. Cet appareil a été présenté à l’Académie en
1856 (Rapporteur, M. Desprez).
Voici comment, dans le _Cosmos_, t. 8, p. 330, s’exprime l’abbé Moigno
sur cette invention, après en avoir fait la description: «En résumé, le
_répartiteur_, si petit et si humble en apparence, est l’une des grandes
nouveautés de l’Exposition universelle de 1855.
«Au point de vue de la mécanique, c’est un organe entièrement nouveau,
qui sera bientôt appliqué de mille manières différentes, à mille usages,
et qui rendra d’innombrables services. Au point de vue de la physique et
des applications de l’électricité, c’est une découverte immense. M.
Robert-Houdin, dont les forces sont centuplées par son _répartiteur_,
est seul aujourd’hui en mesure de résoudre le plus grand des problèmes à
l’ordre du jour, de réaliser enfin le moteur électrique[25], etc., etc.»
Ma séance est terminée (il faut se rappeler que c’est sous ce titre que
j’ai présenté mon récit); j’ai toutefois l’espoir de la reprendre
bientôt. Il me reste encore tant de petits et de grands mystères à
dévoiler! La prestidigitation est une immense carrière que la curiosité
peut longtemps exploiter. Je ne prends donc point congé du public, ou
pour mieux dire, du lecteur, car, sous cette seconde forme de
représentation que j’ai adoptée, mes adieux ne seront définitifs que
lorsque j’aurai épuisé tout ce qui peut être dit sur les
_prestidigitateurs_ et la _prestidigitation_; ces deux mots serviront de
titre à l’ouvrage qui fera suite à mes _Confidences_.