LE SOLEIL EN LAISSE

_À Pablo PICASSO_

Le grand frigorifique blanc dans la nuit des temps

Qui distribue les frissons à la ville

Chante pour lui seul

Et le fond de sa chanson ressemble à la nuit

Qui fait bien ce qu'elle fait et pleure de le savoir

Une nuit où j'étais de quart sur un volcan

J'ouvris sans bruit la porte d'une cabine et me jetai aux pieds

de la lenteur

Tant je la trouvai belle et prête à m'obéir

Ce n'était qu'un rayon de la roue voilée

Au passage des morts elle s'appuyait sur moi

Jamais les vins braisés ne nous éclairèrent

Mon amie était trop loin des aurores qui font cercle autour

d'une lampe arctique

Au temps de ma millième jeunesse

J'ai charmé cette torpille qui brille

Nous regardons l'incroyable et nous y croyons malgré nous

Comme je pris un jour la femme que j'aimais

Nous rendons les lumières heureuses

Elles se piquent à la cuisse devant moi

Posséder est un trèfle auquel j'ai ajouté artificiellement la

quatrième feuille

Les canicules me frôlent

Comme les oiseaux qui tombent

Sous l'ombre il y a une lumière et sous cette lumière il y a deux

ombres

Le fumeur met la dernière main à son travail

Il cherche l'unité de lui-même avec le paysage

Il est un des frissons du grand frigorifique

Clair de terre · 第 61 / 62 题