Le plafond que M. Bérard, sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, a
commandé à M. Bourgonnier, pour la bibliothèque de l'École coloniale, a
été mis en place ces jours derniers. L'artiste a glorifié la France dans
une composition d'une belle et patriotique inspiration. Sous la figure
d'une femme qui se détache fièrement sur le drapeau aux trois couleurs
dont les plis se déroulent harmonieusement dans le ciel, la France voit
s'incliner devant elle les représentants des races qui peuplent son
empire colonial, rendant hommage à son génie: Arabes aux burnous
d'éclatante blancheur, Noirs d'ébène de nos possessions africaines,
Asiatiques aux yeux bridés de l'Extrême-Orient. A droite, l'Histoire
écrit sous la dictée de la Vérité.
S'inspirant des traditions vénitiennes, M. Bourgonnier a groupé, dans un
angle de sa composition, les fondateurs et directeurs de l'École
coloniale: MM. Étienne, ministre de la Guerre; Dislère, président du
Conseil d'administration de l'École coloniale; de Mouy, son
vice-président; Doubrère, son directeur; Yvon, son architecte; Hubert,
Frank Puaux, membres du Conseil. Dans cette bibliothèque où travaillent,
sans cesse, les futurs administrateurs de nos possessions lointaines,
l'idée était heureuse d'évoquer les bienfaits de la France
colonisatrice. M. Claude Bourgonnier l'a noblement réalisée.