La semaine que le jeune couple devait passer à Fontainebleau se termina
enfin. Mon ex-maître dut bien souvent se figurer qu’elle serait
éternelle. Ceci, du reste, n’est qu’une hypothèse, bien que les
probabilités soient toutes en ma faveur. Quoi qu’il en soit, les huit
jours écoulés, nos deux colombes revinrent à Paris prendre possession du
nid qu’on leur avait préparé à l’hôtel Mirabeau.
La première chose qu’ils aperçurent en arrivant fut un paquet entouré de
papier de soie et attaché avec une faveur blanche. A côté de ce
mystérieux envoi, placé en évidence sur la table du salon, se trouvaient
un journal et deux cartes de visite liées ensemble au moyen d’un fil
d’argent. Le paquet renfermait une tranche d’un délicieux gâteau de
noce[10]. Sur l’une des cartes on lisait en grosses lettres gothiques:
[10] Les lettres de faire part sont inconnues en Angleterre, où les
journaux se chargent d’annoncer les mariages, les naissances et les
décès. Les nouveaux mariés envoient à leurs connaissances les cartes
de _monsieur_ et de _madame_, rattachées par une symbolique faveur
blanche. Un usage antique veut aussi que les intimes reçoivent un
morceau du gâteau de noce, qui, placé sous l’oreiller d’une jeune
fille, doit lui faire voir en rêve l’heureux mortel qu’elle
épousera.
(_Note du traducteur._)