APPENDICE

C'est au moment où ce livre touchait à sa fin que, comme on pourra

l'imaginer, j'ai dû m'estimer heureux de recevoir du fils du baron de

Gérando, ancien procureur général de la Cour impériale de Metz,

quelques-unes des lettres de l'abbé Sicard adressées à cet homme

illustre, dont il a été l'ami et le confrère à l'Institut, et elles

offrent un si grand intérêt pour sa biographie que je les joins ici avec

autant de reconnaissance que d'empressement.

I

Ce 7 ventôse an VIII.

Comme je n'ai plus l'espérance de recevoir mon sauvage et qu'on lui a

trouvé une famille, je ne dois plus différer de vous procurer, ainsi

qu'à vos amis, le plaisir d'assister à une leçon particulière. En

conséquence, mon cher ami, faites vos invitations pour le 15 ventôse, à

10h. très-précises. Je choisis précisément un jour de congé pour que

nous ne soyons pas dérangés. Et pour prendre toutes les précautions

possibles, on n'entrera que par billets. Ainsi comptez tous ceux et

celles que vous voulez mener, demandez-moi le nombre de billets

suffisant et vous les recevrez à temps.

Je vous remercie de l'attention amicale que vous avez eue de me rendre

compte de la conversation de Roederer, notre constant ami avec le

Consul suprême. Je ne pensais pas que celui-ci voulût jamais me voir et

je n'espérais pas qu'il en eût non plus le temps. Je profiterai des

courts moments qu'il me donnera pour l'intéresser en faveur de

l'instruction publique, comme vous me le recommandez. Je me garderai

bien de lui rien demander pour moi. Il ne me manque plus rien, Dieu

merci, et tous mes voeux vont être comblés, puisque notre bon ami

Camille arrive et que je suis réuni à mes enfans. Adieu, je vous

embrasse.

L'abbé Sicard célèbre instituteur des sourds-muets, successeur immédiat de l'abbé de l'Épée · 第 79 / 115 题