Parmi les guinné, certains ont pour forme normale la forme animale. Il
y a lieu de les distinguer de ceux qui ne prennent cette forme
qu'accidentellement et en vue d'un but à réaliser. Je citerai dans cette
catégorie des animaux-guinné: Niabardi Dallo le caïman, Ninguinanga le
boa et le lièvre de Féna. (A. S. Niânyi), l'hyène du conte de Binanmbé,
le lièvre de Le lièvre et le dioula, le serpent Minimini, le cheval de
nuit, le ouârasa le bayéni (Mauvais Gardien) les hyènes du conte «D'où
vient le soleil», celles qui gardent les métaux précieux (conte du Rapt
des métaux), l'éléphant Mamadi Bâ (Molo), l'hyène qui renseigne le roi
Dinah (Lanrezac _op. cit._) le caïman Goloksalah (B.-F.) le charognard
de Fatouma Siguinné; l'hyène et le lion gardiens de la morale; les
enfants animaux de la reine des guinné (Hammat et Mandiaye) etc., etc.
Ces animaux-guinné perdent, lorsqu'ils figurent dans les contes, les
caractéristiques conventionnelles que les fables leur attribuent d'une
façon invariable. Le pleureur perd sa turbulence et ses instincts
malfaisants pour devenir secourable (v. La femme enceinte). L'hyène
n'est plus un animal grotesque, avide et couard mais un sage gardien
des talismans (Binanmbé). Ce sont donc en réalité des guinné sous forme
animale et non des animaux ayant la puissance surnaturelle des guinné.