Vers l'embouchure de ce fleuve est une île sauvage[151], où Pizarre
avait résolu de se ménager un refuge. Il y passa sur des canots; car il
avait devancé sa flotte. Mais cette île était la demeure d'un peuple
indomptable et féroce. Pizarre, dédaignant de perdre, à réduire ce
peuple, un temps qui lui était précieux, n'attendit que sa flotte, pour
revenir camper sur le rivage et devant le fort de Tumbès.
[151] L'île de Puna.
Dans ce fort étaient enfermés mille Indiens détachés de l'armée
d'Ataliba. Orozimbo était à leur tête. Sous lui commandait Télasco. La
belle et tendre Amazili, l'arc à la main, le carquois sur l'épaule,
telle et plus fière en son maintien et plus légère dans sa course qu'on
ne peint Diane elle-même, avait suivi son frère et son amant, digne, par
son courage, de partager leur gloire. Pizarre se souvint du peuple de
Tumbès, de l'accueil plein d'humanité[152], de candeur, et de
bienveillance qu'il en avait reçu; il résolut de bonne foi d'achever de
gagner l'estime et l'amitié de ce bon peuple. Il assembla donc ses
guerriers, et leur tint ce discours:
[152] L'histoire attribue ici au peuple de Tumbès une trahison sans
vraisemblance. _Il immola_, dit-on, _à ses idoles trois Espagnols
qui s'étaient confiés à lui_. Le peuple de Tumbès n'avait plus
d'idoles; il n'adorait que le soleil; et on ne faisait point au
soleil des sacrifices de sang humain. Cette absurde imputation est
encore plus démentie par les moeurs de ce peuple, par sa candeur et
sa bonté.
«Castillans, je vous ai promis des richesses et de la gloire. De ces
deux biens, l'un vous est assuré, l'autre dépend de vous. Ceux de vous
qui veulent de l'or, s'en retourneront chargés d'or: je vous en suis
garant: ne vous abaissez pas jusqu'au soin vil d'en amasser. Pour la
gloire, c'est autre chose: une haute entreprise la promet, ne l'assure
pas. Celui-là seul l'obtient, qui la mérite: jamais le crime ne la
donne. Les conquérants de l'Amérique ont fait tout ce qu'on peut
attendre de l'audace et de la valeur. Ils ne seront pourtant jamais
qu'au nombre des brigands insignes. L'homme étonnant à qui l'Espagne a
dû le Nouveau-Monde, Colomb s'est dégradé par une trahison; Cortès, par
une perfidie plus noire et plus infâme encore; et c'est lui qu'ont
flétri les fers dont il a chargé Montezume. Le reste s'est déshonoré par
les plus indignes excès. Il dépend de nous, mes amis, d'en partager
l'opprobre, ou de nous en laver, nous et notre patrie, par une conduite
opposée: nous en avons encore le choix. Il s'agit de ranger sous la
puissance de l'Espagne la plus riche moitié de ce Nouveau-Monde; et il
en est deux moyens, la douceur et la violence. La violence est inutile;
et chez des nations guerrières, où nous sommes en petit nombre, elle
serait aussi dangereuse qu'injuste. Le danger n'est rien, je le sais;
mais la gloire, la gloire est tout; et quand nous aurions opprimé,
dévasté, changé ces contrées en des déserts sanglants, en de vastes
tombeaux, oserions-nous repasser les mers, chargés de trésors et de
crimes, et poursuivis par les remords? Les malédictions d'un monde, les
reproches de l'autre, la colère du ciel, enfin les cris de la nature et
de l'humanité, tout cela fait horreur. Ni les grandeurs, ni les
richesses ne consolent d'être odieux: c'est un courage qui me manque;
vous ne l'avez pas plus que moi. Faisons-nous des prospérités dont nous
n'ayons point à rougir, ou un malheur qui nous honore. Rien n'est si
beau que ce qui est juste, rien n'est si juste sur la terre que l'empire
de la vertu. Tâchons de dominer par elle. Quelle conquête, mes amis, que
celle qui n'aurait coûté ni larmes ni sang! Quel triomphe que celui qui
ne serait dû qu'au pouvoir des bienfaits! La reconnaissance et l'amour
nous livreraient tous les biens de ces peuples: pour les vaincre et les
captiver, nos armes seraient inutiles; et c'est alors qu'elles seraient
dignes d'orner les temples de ce dieu que nous venons faire adorer.»
Toute la jeunesse applaudit; mais ceux des guerriers castillans qui
avaient servi sous Davila, et dont les mains s'étaient déja trempées
dans le sang des peuples de l'isthme, tirèrent un mauvais présage de ce
qu'ils appelaient mollesse dans leur général. Vincent de Valverde,
sur-tout, ce prêtre ardent et fanatique, fut indigné de reconnaître dans
le langage de Pizarre les sentiments de Las-Casas, et fronçant un
sourcil atroce: «Ils fléchiront, disait-il en lui-même, ils fléchiront
sous le joug de la foi, ou ils seront exterminés.»
Sans écouter cet odieux murmure, Pizarre marcha vers Tumbès, et fit
demander au cacique de le recevoir en ami. Mais le cacique, enfermé dans
sa ville, répondit qu'elle dépendait d'Ataliba, roi de Quito, qui
l'avait prise sous sa garde; et que le fort la protégeait.
Il fallait attaquer ce fort. Pizarre s'approche; il l'observe; et quel
est son étonnement, lorsqu'à cette enceinte, à ces angles, à ces murs de
gazon, faits pour être à l'épreuve de ses plus foudroyantes armes, il
reconnaît l'art des Européens! «C'est Molina, c'est lui qui enseigne aux
Indiens à se retrancher devant nous, dit Pizarre: il a fait construire
ces remparts; peut-être il les défend lui-même.» Impatient de s'en
instruire, il demande à parler au commandant du fort; et Orozimbo se
présente. «Espagnol, je suis Mexicain, je suis neveu de Montezume. Juge
si je dois te connaître, si je puis me fier à toi. C'est ici mon dernier
asyle; ce sera mon tombeau, si ce n'est pas le tien.»
Des Mexicains dans le fort de Tumbès! Rien n'était plus inconcevable:
Pizarre ne pouvait le croire. Cependant il fallut céder aux instances
des Castillans. Indignés d'une résistance qu'ils regardaient comme une
insulte, ils murmuraient, ils demandaient l'assaut. Pizarre le promit.
Mais afin qu'il fût moins sanglant, il voulut agir de surprise, et à la
faveur de la nuit. On se plaignit de sa prudence; elle faisait injure à
ceux qu'elle paraissait ménager: ses guerriers, ses soldats eux-mêmes se
seraient crus déshonorés par ces précautions timides: ce n'était pas
devant ces troupeaux d'indiens qu'il fallait craindre le grand jour, si
favorable à la valeur. Le héros gémit, et céda.
L'attaque fut vive et rapide. Les foudres de l'Europe volaient sur les
remparts; les Indiens épouvantés n'osaient paraître; et la fascine
amoncelée allait applanir le fossé. Orozimbo, qui voit la terreur dont
tous les esprits sont frappés, les ranime et les encourage. «Eh quoi!
mes amis, leur dit-il, qu'a donc ce bruit qui vous effraie? Est-ce le
bruit qui tue? et faut-il tant d'efforts pour rompre le fil de la vie?
Ces bouches brûlantes sans doute vomissent la mort; mais la mort est
aussi au bout d'une flèche; et l'arc, dans la main d'un brave homme, est
terrible comme le feu. Chacun de vous n'a qu'une mort à craindre, et il
en a mille à donner: vos carquois en sont pleins. Paraissez donc, et
repoussez une troupe d'hommes hardis, mais faibles, vulnérables et
mortels comme vous.»
Il dit, et à l'instant une grêle de traits répond au feu des Castillans.
L'approche du fossé, la route du soldat qui vient y jeter sa fascine,
commence à être périlleuse. Plus d'une flèche, mais sur-tout celles des
Mexicains, se trempent dans le sang. Un oeil vengeur les guide, et
choisit ses victimes. Pennates, Mendès, et Salcédo se retirent blessés;
l'intrépide Lerma entend siffler à travers son panache le trait qui lui
était destiné. Le vaillant Péralte s'étonne de voir une flèche rapide
percer son épais bouclier, et venir effleurer son sein. Le bras nerveux
de Télasco l'avait lancée; mais l'airain l'émoussa: elle tomba sans
force aux pieds du superbe Espagnol.
Bénalcasar, qui devait être l'un des fléaux de ces contrées, du haut de
son coursier fougueux, pressait les travaux des soldats. Une flèche qui
part de la main d'Orozimbo, atteint le coursier dans le flanc. L'animal
indompté se dresse, frappe l'air de ses pieds, se renverse, et sous lui
foule son guide étendu sur le sable. Orozimbo, qui le voit tomber, en
pousse un cri de joie. «Ombres de Montezume et de Guatimozin! ombre de
mon père! dit-il, ombres de mes amis! recevez ce tribut, ce faible
tribut de vengeance. Je ne mourrai donc pas sans avoir fait vomir le
sang et l'ame à l'un de nos tyrans!» Il se trompait: la molle arène céda
sous le poids du coursier; le Castillan y fut enseveli, mais se releva
de sa chûte, plus furieux, plus implacable, plus altéré du sang des
Indiens.
Le plomb mortel qui portait sur les murs de plus inévitables coups, ne
vengeait que trop bien Pizarre, mais ne le consolait pas. Pour lui la
plus légère perte était funeste. Il s'affligeait sur-tout de voir les
Indiens s'aguerrir et s'accoutumer à ce bruit, à ce feu des armes qui
par-tout avait répandu tant d'effroi dans ce Nouveau-Monde. Il fallait,
ou les rendre encore plus intrépides, en cédant à leur résistance, ou
faire tout dépendre du hasard d'un moment. Le fossé, dans sa profondeur,
était comblé de l'un à l'autre bord, et l'escalade était possible.
Pizarre s'y résout, et l'ordonne. A l'instant le feu redouble et la
protége.
Orozimbo ne perd point courage. Il défend à ses Indiens de s'exposer au
feu: «Imitez-nous, dit-il: Télasco, mes amis et moi, nous allons vous
donner l'exemple.» Il eut seulement soin d'écarter du lieu de l'assaut
sa soeur, qui lui tendait les bras, et le conjurait par ses larmes de la
souffrir auprès de lui.
Alors, s'armant de haches et de lourdes massues, ils attendent, tête
baissée, les plus hardis des assaillants.
Il en parut trois à-la-fois, Moscose, Alvare, et Fernand, le jeune frère
de Pizarre. Ils s'élèvent, tenant le glaive d'une main, le bouclier de
l'autre, et portant dans les yeux un courage déterminé.
Télasco s'adresse à Moscose, et d'un coup de massue lui brisant sur la
tête l'écu qui lui sert de défense, le renverse du haut des murs. Il
tombe comme foudroyé sur ses soldats qui allaient le suivre, et roule
sur leurs boucliers.
Fernand Pizarre va s'élancer de l'échelle sur le rempart; mais encore
chancelant sur un appui fragile, il ne peut ni parer ni porter des coups
assurés. Orozimbo, l'ayant saisi au bras dont il tenait le glaive, le
désarme et l'entraîne à lui. Il se débat; mais il est terrassé. Son
vainqueur lui laisse la vie; et le soldat qui prend sa place reçoit pour
lui le coup mortel.
Alvare, dans l'instant qu'il s'attache au bord du mur pour le franchir,
sent tomber sur son casque la hache meurtrière; et le coup, en glissant,
le blesse au bras qui lui servait d'appui. Il est précipité sanglant; et
ses soldats voyant sur leur tête la massue levée pour les frapper,
n'osent s'exposer après lui à une mort inévitable.
Pizarre croit avoir perdu le plus tendre, le plus aimable, le plus
vertueux de ses frères; mais il dévore sa douleur. Il voit la
consternation de ceux qu'il a trop écoutés; et, sans y ajouter le
reproche, il fit interrompre l'assaut.
Le premier soin d'Orozimbo, après que l'ennemi se fut retiré dans son
camp, fut de faire réduire en cendres ce vaste monceau de fascines dont
on avait comblé le fossé du rempart; et tandis que des tourbillons de
fumée et de flammes s'élevaient au-dessus des murs: «Viens, dit-il au
jeune Pizarre, et vois ce bûcher allumé. Quand je t'y jetterais vivant,
quand j'y ferais brûler avec toi tous tes compagnons, et avec eux leurs
pères, leurs enfants, et leurs femmes, je ne vous rendrais pas les maux
que ta nation nous a faits... Va-t'en, va dire à ces barbares que les
neveux de Montezume ayant à leurs pieds un brasier, et dans leurs mains
un Castillan... Va-t'en, te dis-je, et ne tarde pas; car je crois
entendre les plaintes de l'ombre de Guatimozin.»
Fernand Pizarre s'en allait, le coeur flétri, l'ame abattue, n'osant
s'avouer à lui-même qu'il respirait par la clémence d'un Indien, d'un
Indien neveu de Montezume! Dans la plaine qui séparait le camp des
Espagnols du fort de Tumbès, il rencontre un vieillard étendu sur le
sable et baigné dans son sang. Ce vieillard respirait encore, et tendant
les bras au jeune homme, il l'appelait à son secours. Pizarre approche.
L'Indien lève sur lui un oeil mourant, lui montre son flanc déchiré, et
fait un signe vers le rivage, un autre signe vers le ciel, comme pour
indiquer le crime et le vengeur.
Le guerrier attendri lui donne tous les soins de l'humanité; il étanche
le sang de sa blessure; et l'aidant à se soulever et à se soutenir, il
paraît vouloir le mener au camp. Le vieillard, frissonnant d'horreur, le
conjurait, en lui baisant les mains, de prendre une route opposée. «Non,
disait-il; c'est de côté-là qu'ils sont allés.--Qui donc? lui demanda
Pizarre.--Les meurtriers, dit le vieillard. Ils étaient vêtus comme toi;
ils te ressemblaient... Non, pardonne, je ne veux pas te faire injure;
tu es aussi bon qu'ils sont méchants. Ils venaient du fort, ils allaient
vers le rivage de la mer; et moi, je traversais la plaine; je ne leur
faisais aucun mal. L'un d'eux m'a regardé d'un oeil menaçant et
farouche. Je tremblais; je l'ai salué pour l'adoucir; et lui, tirant son
glaive, il me l'a plongé dans le flanc.»
«Ah, les barbares! s'écria le jeune homme saisi d'horreur. Et moi, et
moi, dans le moment qu'ils t'assassinaient!...» Il n'en put dire
davantage, les sanglots lui étouffaient la voix. Il embrasse, il baigne
de pleurs le vieillard Indien.» Ah! si tu savais, reprit-il, combien je
déteste leur crime! combien je le dois abhorrer! Bon vieillard, tes
jours me sont chers: je ne t'abandonnerai pas. Dis-moi, où faut-il te
conduire?--A ce village que tu vois, dit l'Indien. C'est là que mes
enfants m'attendent. Au nom de ton père, aide-moi à me traîner vers ma
cabane: je ne demande au ciel que de voir encore une fois mes enfants,
et de mourir entre leurs bras.» Il n'eut pas même cette joie. A quelques
pas de là, ses genoux s'affaiblirent; il sentit son corps défaillir; et
se laissant tomber dans le sein de Pizarre, il fixa ses yeux sur les
siens, lui serra la main tendrement, regarda le ciel, et tournant sa vue
attendrie et mourante vers son village, il expira.
Fernand, accablé de tristesse, retourne au camp des Espagnols. Le
conseil était assemblé dans la tente du général; et quel fut le
ravissement de ce héros, en revoyant son frère, un frère tendrement
chéri, qu'il croyait perdu pour jamais! Il se lève, il l'embrasse. Les
deux autres guerriers du même sang témoignent les mêmes transports; et
tout le conseil s'intéresse à leur joie et à son retour. On l'interroge.
Il dit ce qu'il a vu, et la valeur des Mexicains, et la clémence de leur
chef, et la rencontre du vieillard. Son ame se répand dans ce récit qui
la soulage; son attendrissement s'exprime par des larmes, et il en fait
couler. «O mon frère! dit-il enfin en s'adressant au général, c'est nous
qui apprenons aux sauvages à être cruels et perfides; et ils ne peuvent
nous apprendre à être bons et généreux! Quelle honte pour nous! Je
demande vengeance du meurtre de cet Indien; je la demande au nom du ciel
et au nom de l'humanité. Découvrez quel est parmi nous l'homme assez
lâche, assez féroce, pour avoir plongé son épée dans le sein d'un homme
paisible, d'un faible et timide vieillard.»
Il y avait, dans ce conseil, des hommes durs, qui, en souriant, disaient
tout bas, que le jeune Pizarre mettait un grand prix à la vie, puisqu'en
daignant la lui laisser, on l'avait si fort attendri. Il s'aperçut de ce
sourire, et il en était indigné; mais le général, imposant à son
impatience, lui dit de prendre place dans l'assemblée.
Le grand intérêt des Castillans était de ménager leurs forces. Ils
étaient en trop petit nombre pour hasarder encore de s'affaiblir par un
nouvel assaut. Il fallait donc, ou laisser en arrière la ville et le
fort de Tumbès, ou chercher une plage d'un abord plus facile, ou
réduire, par un long siége, les défenseurs de celle-ci aux plus dures
extrémités.
Le parti de former le siége parut le plus sage et le plus glorieux: il
réunit toutes les voix. Le général lui seul, recueilli en lui-même, et
profondément occupé, semblait encore irrésolu. Sa tête, long-temps
appuyée sur ses deux mains, se relève avec majesté, et des yeux
parcourant lentement l'assemblée: «Castillans, dit-il, j'ai voulu vous
donner, par ma déférence, une marque de mon estime. J'ai permis
l'attaque du fort; l'événement a démontré l'imprudence de l'entreprise.
Vous voulez assiéger ces murs, vous le voulez, et j'y consens encore.
Mais chez des peuples qui, sans nous, et loin de nous, vivaient
paisibles, sur des bords où, quoi qu'on en dise, nous portons une guerre
injuste, ne vous attendez pas que je fasse éprouver à une ville entière
les dernières extrémités de la disette et de la faim. Je veux bien les
leur faire craindre; mais si ce peuple a le courage de les attendre, je
n'aurai pas la barbarie de les lui laisser endurer. Lorsque dans un
combat je risque et je défends mes jours et ceux de mes amis, le danger
auquel je m'expose compense le mal que je fais; et je puis me le
pardonner. Mais sans péril être inhumain! mais voir languir devant ses
yeux une multitude affamée, l'enfant sur le sein de sa mère, le
vieillard dans les bras de son fils expirant! les voir se déchirer, les
voir se dévorer entre eux, dans les accès de la douleur, de la rage, et
du désespoir! Je ne m'y résoudrai jamais; je vous en avertis. Jusques-là
je ferai tout ce que la guerre autorise.»