NOTES DE L'AUTEUR.

Que du cercle complet l'angle soit diviseur.

A l'heureux exagone accordez-en l'honneur.

Pour qu'on puisse couvrir une surface _exactement_ avec des polygones

réguliers de même espèce, il faut que l'angle intérieur soit tel, que,

répété un certain nombre de fois, il fasse 360 degrés.

Ainsi l'angle du quarré étant de 90 degrés, quatre quarrés se rangeront

autour d'un même point sans laisser aucun intervalle. L'angle du

triangle équilatéral étant de 60 degrés, six triangles équilatéraux se

rangeront aussi _exactement_ autour d'un même point. Ces deux figures

sont donc propres à couvrir une surface.

Mais quoiqu'elles soient et l'autre comprises dans la dénomination

générique de polygone, cependant ce nom se donne plus particulièrement

aux figures qui ont plus de quatre côtés. Or, de toutes ces figures,

l'exagone est la seule qui satisfasse à la condition; car, entre 90 et

120, il n'y a aucun diviseur exact de 360, et il n'y en a aucun non plus

de 120 à 180.

Le cercle est composé de triangles aigus,

Entre un double rayon tout autour contenus.

Une analogie directe nous conduit à juger le cercle de même condition

que les polygones, et à regarder sa surface comme un composé de

triangles, ou comme un seul triangle qui a la circonférence pour base et

le rayon pour hauteur.

Cependant cette manière de considérer le cercle, qui remonte jusqu'à la

naissance du l'art, à été jugée insuffisante par les grands maîtres de

ce siècle, et ce n'est pas sans raison. Ils veulent nous apprendre à ne

pas nous contenter en géométrie des preuves d'analogie et de sentiment,

et à tout soumettre, autant qu'il est possible, à la rigueur du calcul.

D'ailleurs les méthodes qu'ils emploient dans ce cas-ci et dans ceux qui

en dépendent, n'excluent jamais entièrement l'idée d'infini, et ne sont,

en quelque sorte, que des vérifications, puisqu'on est toujours obligé

de supposer et de mettre en avant l'expression que l'on est censé

chercher.

Nous avons l'art d'en approcher si bien,

Qu'un rapport plus parfait ne servirait de rien.

En effet le rapport de 113 à 355, d'Adrien Métius, ayant un quotient

vrai jusqu'au septième chiffre décimal, donne celui de 1:3,1415926, ou

celui de 10000000:31415926. C'est-à-dire, qu'il faudrait un cercle dont

le rayon eût plus de dix millions de pieds ou de 666 lieues de diamètre,

pour qu'il y eût un pied d'erreur dans la circonférence calculée sur le

rapport.

Mais l'on pousse quand on veut l'approximation encore plus loin, et

presque à l'infini, puisqu'on a déterminé jusqu'au vingt-septième

chiffre décimal.

La géométrie en vers techniques · 第 12 / 14 题