R. Non. Quand je me suis retourné, je n'ai vu personne, c'est un
peu sombre, mais j'ai bien senti le coup de poing sur le derrière
de la tête: ça m'a fait baisser. C'est terrible d'être comme cela!
À partir de ce moment, L... entre dans une phase d'excitation
violente, il se frappe la tête en disant: «Il y a des moments où je
n'ai plus ma tête à moi.» Il pleure; il n'exprime pas de regrets,
cependant, au sujet du meurtre qu'il a commis; au contraire, au
souvenir des injures qu'il est convaincu qu'on lui a faites, de sa
haine contre M..., il en arrive à un état d'extrême agitation, que
nous avons beaucoup de peine à calmer, et qui nous inspire de
telles craintes que L... ne se livre soit contre lui-même à quelque
acte de désespoir, soit contre ses codétenus à des violences, qu'un
mot, une plaisanterie auraient pu provoquer, que nous nous rendons
auprès du directeur de la prison pour le prévenir de l'état dans
lequel nous laissons L..., et pour lui recommander de redoubler de
surveillance.
Dans toutes nos visites, nous avons toujours insisté près de L...
pour savoir quels étaient au juste ses griefs contre M...; nous
croyons devoir reproduire encore quelques-unes de ses réponses sur
ce sujet.
D. Pendant que vous étiez l'associé de M..., avez-vous eu avec lui
des discussions un peu vives?
R. Je n'ai pas eu un mot avec lui pendant onze ans, nous étions
très-bien ensemble.