Marie rentre avec Alice dans la maison.
«Regarde, maman, dit Marie, quelles belles fleur nous avons cueillies
pour toi.
--Oh! qu'elles sont jolies. Mettons-les vite dans un vase, sans cela
elles se faneraient.»
[Illustration]
Et Marie aide sa mère à arranger les fleurs dans les vases: les lilas
dans un grand vase qu'on met sur la cheminée et les petites pâquerettes
dans une coupe. C'est un ouvrage très amusant. Alice est assise sur la
table et regarde sa maman et sa grand'maman. Et le pauvre petit
Paul où est-il? Il est toujours sur la branche du lilas et Marie l'a
tout à fait oublié.
Le soir, Marie va se coucher. Sa maman lui a dit bonne nuit, après
l'avoir bien bordée dans son petit lit.
Mais avant de s'endormir, Marie pense encore aux pinsons du jardin,
et aux belles fleurs, à Papa qui lui a cueilli ce beau lilas et, tout
à coup, à Paul. Le pauvre petit! Il est toujours dans le lilas. Et il
fait si noir au jardin! Et peut-être qu'il fera froid cette nuit!
«Maman! maman!» crie Marie.
Mais la maman est dans l'autre chambre et n'entend pas les cris de sa
petite fille.
«Maman! maman!» crie encore Marie, et cette fois-ci plus fort.
«Je crois que Marie t'appelle, dit papa. J'irai voir ce qu'elle veut.»
Et voilà papa qui entre dans la chambre à coucher.
«Qu'y a-t-il, chérie? demande-t-il.
--O papa, Paul est encore dans le lilas.
--Eh bien! qu'est-ce que ça fait?
--O papa, il fait si noir dehors et, cette nuit, il fera peut-être
froid. Dis, voudrais-tu aller chercher Paul?
--Mais pourquoi? Je croyais que Paul était un méchant garçon. Il ne
voulait pas te cueillir des fleurs. Laisse-le au jardin. C'est bien
fait pour lui s'il a peur et froid.
--Oh non, papa, va le chercher s'il te plaît. Si Paul reste au jardin,
je penserai tout le temps à lui et je ne pourrai pas dormir.
--Eh bien, j'irai te le chercher, bonne petite maman! Et où faut-il
que je le mette?
--Apporte-le-moi ici, s'il te plaît, papa!»
Alors papa descend au jardin. Il sort Paul du lilas et l'apporte à
Marie.
«Heureusement, le voilà, dit celle-ci. A-t-il bien froid, papa?»
Papa donne Paul à Marie, qui le prend dans ses bras et le met sous les
couvertures.
«Merci bien, papa, dit-elle encore. A présent je m'endormirai bien
vite!»
Papa lui donne encore un baiser et s'en va.
[Illustration]
Et bientôt Marie s'endort, en tenant son cher petit garçon bien serré
dans ses bras.