D'après César, Diodore de Sicile, Strabon, Tite-Live, Sénèque, Pline,

Plutarque, le climat de la Gaule était froid et humide. Les hivers

étaient longs et rigoureux, les étés courts et pluvieux. L'olivier, le

figuier, la vigne même, ne pouvaient porter de fruits, et les Gaulois,

fort avides cependant du vin que leur sol était impropre à produire,

étaient réduits à le remplacer par la bière. La Gaule Narbonnaise seule

était presque aussi favorisée que l'Italie. Mais à partir du sixième

siècle de notre ère, le climat semble être devenu plus clément, et

l'amélioration est telle que nous voyons au neuvième siècle la vigne

cultivée sur tout le territoire. La Bretagne, la Normandie, la Picardie,

dans lesquelles le raisin ne mûrit plus, avaient des vignes, et des

vignes qui produisaient du vin chaque année. La culture de la vigne

s'arrête actuellement dans le département de l'Oise. Dans les régions

qui produisent actuellement du vin, les vendanges avaient lieu bien plus

tôt que maintenant; les coteaux très élevés, sur lesquels aujourd'hui le

raisin n'arrive plus à maturité, avaient des vendanges très régulières.

Cette amélioration du climat dura pendant quelques siècles. Arago

rapporte qu'en 1552 les huguenots se retirèrent à Lancié, près Mâcon, et

qu'ils y burent du vin muscat du pays. Le raisin muscat ne mûrit pas

assez maintenant dans le Mâconnais pour qu'on puisse en faire du vin.

Aujourd'hui, la culture de la vigne, du figuier, de l'olivier, ont opéré

de nouveau une retraite vers le sud.

D'après M. de Gasparin, et, plus récemment, d'après M. Reclus, ces

changements de climat, conclus de la progression des cultures vers le

nord ou vers le sud, ne sont peut-être qu'apparents. «Dans ce mouvement

de retraite des végétaux cultivés, dit M. Reclus, comment faire la part

du climat et des convenances de l'agriculture? Telle plante qui donnait

de médiocres produits sous un ciel inclément n'en était pas moins

cultivée quand les communications avec les contrées à climat plus doux

étaient rares encore; la facilité moderne des échanges a rendu ces

cultures désormais inutiles, et par suite leur domaine s'est rétréci.»

Cette thèse, vraie en général, n'est pas soutenable pour un certain

nombre de cas. Il est aisé de démontrer, par exemple, que les vins de la

Normandie étaient bons au neuvième siècle. Plus tôt même, en 360,

l'empereur Julien faisait servir à sa table du vin de Suresnes, et il le

trouvait excellent. Les vins bretons, normands, étaient fort estimés, et

par des gens qui jugeaient les vins aussi bien que nous le ferions de

nos jours. Les vins de Bordeaux, de Bourgogne, de Champagne, étaient dès

le moyen âge considérés comme les meilleurs de France, et les points de

comparaison ne manquaient pas. Et cependant les ducs, les rois, les

moines même estimaient fort les vins de régions qui aujourd'hui n'en

produisent plus.

Mais l'adoucissement du climat ne devait pas durer toujours. Dès le

douzième siècle, la détérioration commence; les vignes rétrogradent peu

à peu, de même que le figuier et l'olivier. Les vins de Bretagne et de

Normandie deviennent mauvais, puis ils disparaissent, et peu à peu le

climat prend les caractères que nous lui connaissons aujourd'hui.

Pour tous les auteurs, ces changements de climat ne sont pas aussi

considérables, ni aussi certains. Le comte de Villeneuve, de Gasparin,

de Candolle, les nient presque complètement; Arago en admet une partie;

Fuster cherche à démontrer que le climat de la France a toujours changé,

qu'il change actuellement et qu'il changera toujours. «Dans tous les

cas, dit M. Reclus, les modifications subies par les climats pendant la

période historique n'ont encore qu'une faible importance relative; mais

celles qui se sont opérées durant les âges géologiques récents ont suffi

pour déplacer les faunes, les flores et les races sur d'immenses

étendues. On le sait par les traces qu'ont laissées les anciens glaciers

des Alpes, des Pyrénées, des Vosges, dans des vallées aujourd'hui

populeuses. On le voit aussi par les espèces animales et végétales qui

ont dû changer d'aire, d'habitation, pour fuir devant un climat

contraire.»

Quelles sont les causes des variations qui se sont produites dans notre

climat pendant la période historique?

La première, la plus importante peut-être, est l'action des agents

atmosphériques à la surface du globe. Tandis que la croûte terrestre,

encore mal assise, est sujette à des mouvements lents, mais continuels,

qui tendent à modifier le relief du sol, les agents atmosphériques

agissent d'un autre côté. Sous l'action combinée de l'air, agent

chimique; de la gelée, de l'humidité, des eaux errantes, agents

physiques, les montagnes tendent à descendre dans les plaines, les

continents comblent le fond des mers. Peu à peu le relief change, et par

suite se modifient les mille circonstances secondaires qui participent à

la fixation du climat. Puis vient l'action, incessante aussi, et non

moins puissante de l'homme. L'homme, depuis son arrivée sur la terre,

l'a modifiée de telle sorte qu'elle n'est plus reconnaissable. Les

forêts, autrefois immenses et nombreuses, diminuent de plus en plus et

sont remplacées par des cultures; les lacs et les étangs sont desséchés

en grand nombre; les rivières, maintenues dans leurs lits, ne se

répandent plus à chaque instant dans les campagnes; les marais sont

changés en terres cultivées. L'action de ces transformations sur le

climat est considérable; malheureusement, cette action ne se produit pas

toujours à notre avantage. On peut dire d'une manière générale que les

forêts, comparables à la mer sous ce rapport, atténuent les différences

naturelles de température entre les diverses saisons, tandis que le

déboisement écarte les extrêmes de froidure et de chaleur, et donne une

plus grande violence aux courants atmosphériques. Le défrichement des

terres incultes, l'assainissement des marais tend, au contraire, à

rapprocher les extrêmes, à rendre le climat plus constant.

L'Amérique, soumise d'hier à l'action énergique de l'homme civilisé, a

subi les plus rapides modifications. D'après M. Boussingault, les hivers

y sont devenus moins rigoureux, les étés moins chauds; en même temps la

température moyenne s'est légèrement accrue.

CHAPITRE IV

LA PÉRIODICITÉ DES GRANDS HIVERS ET LA PRÉVISION DU TEMPS.

Nous l'avons vu, le climat de la France a changé et changera toujours.

Mais ces changements sont assez lents pour qu'on les néglige quand on ne

considère qu'un petit nombre de siècles. Ils ne modifient pas d'une

manière sensible la succession des saisons qui, aujourd'hui comme

autrefois, se suivent et ne se ressemblent pas. Des hivers doux

succèdent à des hivers rigoureux, des étés chauds à des étés sans

soleil, sans qu'il semble possible de distinguer dans ces variations

capricieuses une loi fixe qui en détermine le caractère.

Beaucoup de météorologistes se sont cependant occupés de rechercher

cette loi, de prédire, longtemps à l'avance, les caractères généraux des

saisons. Les systèmes abondent, tous empiriques, le plus souvent en

opposition avec les faits; mais, au milieu des immenses séries

d'observations, la loi reste encore à trouver. Les grands hivers se

succèdent-ils avec une certaine régularité? Cette question ne date pas

d'aujourd'hui. Nous lisons, en effet, dans l'_Histoire de Provence_, de

Papon, que les grands hivers se reproduisent de telle sorte «que l'on

serait presque tenté de croire qu'il y a dans la nature des retours

périodiques qui ramènent les mêmes phénomènes à des époques à peu près

semblables.»

Au dix-huitième siècle, on cherchait déjà à rattacher les variations

anormales des saisons à des causes cosmiques, parmi lesquelles les

taches du soleil arrivaient en première ligne. Maraldi écrivait, en

1720, dans une communication à l'Académie des sciences: «Quelques-uns se

sont imaginé que le plus et le moins de chaleur qui règne dans la même

saison en différentes années pouvoit venir des taches qui se rencontrent

en même temps dans le soleil, et comme, lorsqu'il est taché, il n'envoye

pas un si grand nombre de ses rayons à la terre, les chaleurs doivent

être moins grandes que lorsqu'il n'a point de taches. Mais les

expériences que nous avons des années précédentes montrent que cette

explication n'est pas suffisante.»

Quelques années plus tard, en 1726, il y revient: «Il y a eu, dit-il,

pendant presque toute l'année, un grand nombre de taches dans le soleil,

et quelquefois plus grandes que n'est la surface de la terre, ce qui n'a

pas empêché que nous n'ayons eu de grandes chaleurs. La même chose est

arrivée en 1718 et 1719.»

De nos jours, on est revenu à cette considération des taches du soleil,

et à la recherche de l'influence des causes cosmiques sur les variations

des saisons. D'après certains météorologistes, et parmi eux quelques-uns

des plus distingués, le soleil, la lune, joueraient le plus grand rôle

dans ces variations, et de la périodicité de leurs positions dans le

ciel résulterait une périodicité analogue dans la succession des

saisons. Il semble pourtant bien difficile d'admettre que des causes

cosmiques, essentiellement générales, produisent une si singulière

répartition des grands froids que l'on puisse voir au même moment à

Paris des rigueurs excessives, et au Havre des températures

printanières. On ne saurait expliquer ces différences qu'en accordant

aux causes locales une influence prépondérante, et alors que deviendrait

la cause cosmique?

Est-ce à dire qu'on n'arrivera jamais à déterminer à l'avance le

caractère général des saisons? Qu'on ne résoudra jamais le problème plus

difficile encore de la prédiction exacte du temps? Non, sans doute; mais

la solution nous semble encore bien lointaine...

Arago niait formellement la possibilité de prédire le temps. «Jamais,

écrivait-il, une parole sortie de ma bouche, ni dans l'intimité, ni dans

les cours que j'ai professés pendant plus de quarante années, n'a

autorisé personne à me prêter la pensée qu'il serait jamais possible,

dans l'état de nos connaissances, d'annoncer avec quelque certitude le

temps qu'il fera une année, un mois, une semaine, je dirai même un seul

jour d'avance.» Voilà pour le présent, et jusque-là il avait raison;

mais il poursuit: «Jamais, quels que puissent être les progrès des

sciences, les savants de bonne foi et soucieux de leur réputation ne se

hasarderont à prédire le temps.» Et il ajoutait, paraît-il, dans la

conversation: «Quiconque veut cesser d'être regardé comme un savant doit

se mettre à prédire le temps.»

Cette conviction, si fortement exprimée, était le fruit de longues

méditations. Arago ne niait pas l'existence des causes générales qui

peuvent agir d'une manière, toujours la même, pour régler le temps; mais

il admettait que les causes perturbatrices devaient dans tous les cas

amener des modifications impossibles à prévoir. Il énumère ces causes

perturbatrices non susceptibles d'être prévues. Ce sont: la progression

des glaces polaires du côté de l'équateur, l'état de diaphanéité ou de

phosphorescence de la mer, la mobilité de l'atmosphère, les

obscurcissements accidentels de l'atmosphère, et les travaux des hommes

sur les forêts, les marais, les lacs, le développement des villes.

Il est aisé de voir que toutes ces causes n'ont pas la même importance.

Ce ne sont pas les travaux des hommes qui s'opposeront jamais à la

prévision du temps; car ils ne modifient le climat que d'une manière

lente et insensible. Les variations de diaphanéité et la phosphorescence

de la mer, qui la rendent plus ou moins propre à absorber les rayons du

soleil, sont des phénomènes locaux, temporaires, dont l'influence est

certainement négligeable.

Celle de la progression des glaces polaires est plus importante. Il est

certain que la dislocation des champs de glace des régions polaires, qui

peuvent amener vers les latitudes tempérées d'immenses amas de glace non

encore fondue, détermine en certaines années un refroidissement de nos

côtes.

Ainsi, nous lisons dans les _Mémoires de l'Académie des sciences pour

l'année 1725_: «Dans la grande mer qui est entre notre continent et

l'Amérique, ordinairement on ne trouve plus de glaces dès le mois

d'avril en deçà des 67e et 68e degrés de latitude septentrionale, et les

sauvages de l'Acadie et du Canada disent que quand elles ne sont pas

toutes fondues dans ce mois-là, c'est une marque que le reste de l'année

sera froid et pluvieux. Mais M. Deslandes, qui depuis plusieurs années

séjourne à Brest, et qui est en relation avec nos principales colonies,

a su que cette année les glaces n'étaient pas fondues au mois de juin,

et que les vaisseaux français qui vont à la pêche de la morue en ont

trouvé des montagnes et des îles flottantes par le 41e et le 42e degré

de latitude, spectacle qui leur était nouveau. Le 15 juin, deux

vaisseaux pensèrent être surpris de ces mêmes glaces vers le 45e degré.

Il se pourrait que le froid ou le peu de chaleur de l'été qu'on a eu en

Europe tînt à cette cause, du moins en partie. Les météores d'un pays

dépendent souvent de ceux d'un autre; ils sont tous en commerce, quelque

éloignés qu'ils soient.»

[Illustration: Progression des glaces polaires du côté de l'équateur.]

Plus près de nous, M. Renou a attribué le froid de l'été de 1810 à une

grande débâcle des glaces polaires.

Voici donc une cause accidentelle qui peut amener dans certaines années

d'importantes modifications dans nos climats. Mais, d'une part, elle

intervient rarement et peut-être, en outre, se produit-elle dans des

circonstances déterminées qu'on arrivera à connaître, de façon à tenir

compte de ces débâcles dans la prévision du temps.

Reste enfin, parmi les causes perturbatrices d'Arago, la mobilité de

l'atmosphère et ses obscurcissements accidentels, en un mot les

mouvements de l'atmosphère. Toutes les autres causes accidentelles ne

sont rien à côté de celle-là, ou plutôt celle-là les contient et les

résume toutes. Le but des météorologistes actuels est justement de

déterminer les lois de ces mouvements, d'où dépendent tous les

changements de temps. Cette mobilité, ils la considèrent comme la cause

principale qu'ils cherchent à connaître dans toutes ses manifestations.

Ce but, ils l'atteindront, ils en ont tous la ferme espérance; et si

Arago revenait, loin de persister dans son dédain pour ceux qui veulent

prédire le temps, il se mettrait à leur tête pour les encourager et les

diriger.

«Bien que je ne puisse réclamer, disait M. Robert H. Scott en 1873, ni

pour moi, ni pour aucun météorologue, des progrès décisifs vers ce qu'on

a si bien appelé la splendide possibilité de prédire la nature des

saisons, j'espère cependant vous prouver que les progrès sont assez

sérieux pour permettre de classer au nombre des sciences la connaissance

du temps.»

Mais cette science ne peut se former tout d'un coup; et, comme les

autres, elle ne peut faire que de lents progrès. «La météorologie, dit

M. Angot, est une science tellement récente qu'on se saurait trop exiger

d'elle. Constituée seulement d'hier, son développement commence à peine,

et elle rencontre pour cela plus de difficulté que toute autre science.

Seule, en effet, elle nécessite le concours d'un grand nombre de

personnes, même de nations. Un observatoire suffit à l'astronome, un

laboratoire au chimiste, au physicien, au naturaliste; pour faire

utilement de la météorologie, il faudrait des milliers d'observateurs

sur terre comme sur mer; il faudrait que la surface entière du globe fût

surveillée de telle sorte qu'on pût retrouver l'origine, suivre la

marche entière et constater la disparition de toutes les perturbations

atmosphériques. Bien que les plus grands efforts soient faits pour

atteindre ce résultat, nous en sommes loin encore.

[Illustration: Il faudrait des milliers d'observatoires sur terre...]

»Il faudrait ensuite, dans quelques années, quand les données précises

auront été multipliées, créer un enseignement pour la météorologie comme

il en existe pour toute science; c'est là encore une condition

indispensable de progrès, la seule qui puisse faire des météorologistes,

comme on fait des mathématiciens, des physiciens et des naturalistes.

»Il ne vient guère aujourd'hui à l'esprit de personne qu'on puisse d'un

jour à l'autre devenir astronome sans avoir appris l'astronomie, médecin

sans avoir suivi des cours de médecine. Tout le monde, au contraire, se

croit volontiers autorisé à imaginer une théorie météorologique sans

avoir à s'embarrasser un seul instant d'études préalables. Aussi la

météorologie est-elle malheureusement la partie de la science qui est le

plus envahie par les conceptions _à priori_ et les théories les plus

étranges, les plus fantaisistes. Tantôt pour expliquer une année

exceptionnelle on va invoquer l'éruption d'un volcan; tantôt on profite

de ce que le Sahara est désert, et que nul ne peut dire ce qui s'y

passe, pour l'accuser de toutes les perturbations. Autrefois, quand nous

ne recevions pas d'observations d'Amérique, on faisait naître sur

l'Atlantique toutes les tempêtes qui nous arrivent par l'ouest. Plus

tard, quand les Américains eurent commencé à publier des cartes, on

reconnut vite que bon nombre de ces tempêtes les avaient visités avant

de nous parvenir. Les cartes américaines s'arrêtaient aux montagnes

Rocheuses; c'est là qu'on mit le berceau des tempêtes, et une théorie

vint bientôt montrer qu'elles devaient en effet s'y former sur place.

Quelques années plus tard, les Américains étendirent leurs observations

jusqu'au Pacifique, et l'on vit les dépressions barométriques arriver

par l'ouest sur la Californie et franchir les montagnes Rocheuses en

dépit des théories qui les y faisaient naître. Il va donc falloir

reporter plus loin encore leur berceau. On pourrait presque en dire

autant du plus grand nombre des théories en météorologie; ébauchées

aujourd'hui sans base sérieuse et presque au hasard, elles sont

destinées à disparaître demain devant la réalité des faits, ou à être

modifiées de façon à devenir méconnaissables.

»Dans ces conditions, il semble qu'une seule voie soit ouverte, celle

qu'ont suivie successivement toutes les sciences dont nous admirons

aujourd'hui le développement: l'expérimentation. Il faut que tout le

monde sache qu'il est plus utile aujourd'hui d'avoir de bonnes

observations que des théories. Il faut que les météorologistes aient le

courage d'envisager que la science qu'ils cultivent n'en est encore qu'à

sa naissance, et qu'elle est soumise aux mêmes lois d'évolution que les

autres. Dans les sciences expérimentales la théorie ne vient jamais que

bien après l'observation. C'est vers celle-ci que doivent se porter tous

les efforts, et quand le moment sera venu, quand le terrain sera

suffisamment préparé, il viendra un Kepler ou un Newton qui édifiera sur

nos travaux la théorie que nous poursuivons vainement.»

Certes, de telles espérances sont bien faites pour donner du courage aux

observateurs, surtout quand on envisage la grandeur du but à atteindre:

«La connaissance anticipée des alternatives du climat sera, dit M.

Reclus, une des plus grandes conquêtes de l'homme. Déjà maître du

présent par le travail, il le deviendra aussi de l'avenir par la

science. Cette terre qu'il dit lui appartenir sera véritablement sienne;

il en utilisera la force productive à son gré et fera servir toutes les

vies inférieures, animaux et plantes, aux conforts de sa propre vie;

mais, devenu possesseur de la terre, qu'il le devienne aussi de

lui-même; qu'il triomphe enfin de ses propres passions, et qu'il

apprenne à vivre en paix sur cette planète si souvent arrosée de sang!

Que la terre puisse mériter bientôt le nom de «bienheureuse», que lui

ont donné les peuples enfants!»

FIN

TABLE DES GRAVURES

1. Au lieu de forêts, des amas de glaces éternelles 3

2. Les habitants des régions polaires vivent le plus souvent

sous terre 9

3. La route et les bivouacs étaient jonchés de cadavres 17

4. L'équipage sut y maintenir une température supérieure

à +20 degrés 25

5. Hiver de l'année 1108 35

6. Les chiens du Grand Saint-Bernard 47

7. 1875. Toulouse.--L'eau montant toujours, le spectacle

devint plus lugubre 53

8. Canada.--Sous l'action du vent, on voit ces bateaux se

mouvoir sur la glace avec une grande rapidité 65

9. Au milieu des glaçons 73

10. Les déserts glacés du pôle 83

11. Pris dans les glaces 93

12. Attelage de chiens 100

13. L'élan perce la neige à chaque pas et s'y enfonce 109

14. Samoyèdes 118

15. Esquimaux 125

16. L'ours brun 134

17. 1608. Anvers.--Les habitants dressèrent des tentes sur

l'Escaut 143

18. Les haillons dont ils étaient couverts... 154

19. Une scène de l'hiver de 1776 165

20. 1812.--Retraite de Russie 173

21. 1830. La Garonne.--On ne voit sur les glaces que mâts

brisés et chaloupes sans pilote 183

22. 1844-1845.--Toutes les routes du midi furent couvertes

de neige 195

23. Nuits au bivouac sur la neige 199

24. 1879.--Le Rhin 227

25. Sur la Seine en décembre 1879 229

26. La débâcle sur le Rhin 235

27. Emploi de la dynamite aux glaces de la Saône 241

28. Effets de la glace sur les essences forestières les

plus résistantes (1879-1880) 253

29. Figure théorique de l'action du soleil aux pôles et

à l'équateur 264

30. Progression des glaces polaires du côté de l'équateur 287

31. Il faudrait des milliers d'observatoires sur terre 289

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION V

LIVRE PREMIER

LES EFFETS DU FROID

Action du froid sur l'homme 15

Action du froid sur les animaux et sur les plantes 23

La neige 39

La glace 56

Effets divers du froid 78

LIVRE II

LES RÉGIONS DES GRANDS FROIDS

Description des régions polaires 81

Voyages dans les régions polaires 91

Faune et flore des régions polaires 105

Les habitants des régions polaires 114

Le froid dans les montagnes 128

LIVRE III

LES GRANDS HIVERS FRANÇAIS

Les grands hivers avant celui de 1709 137

Le grand hiver de 1709 147

Les hivers de 1709 à 1830 162

Le grand hiver de 1830 177

Les hivers de 1830 à 1879 193

LIVRE IV

LE GRAND HIVER DE 1879-1880

Les températures du grand hiver 203

La neige, le verglas et la prise des rivières 215

Le dégel et les débâcles 230

Les hommes, les animaux et les plantes pendant le grand hiver 245

LIVRE V

LES GRANDS FROIDS ET LES CLIMATS

Les causes du froid 259

Les divers climats 268

Les variations de climat 276

La périodicité des grands hivers et la prévision du temps 283

PARIS.--TYPOGRAPHIE DU MAGASIN PITTORESQUE

(JULES CHARTON, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ)

rue des Missions, 15

Les grands froids · 第 19 / 19 段