DU PRINCE LÉOPOLD A LA DÉPUTATION BELGE[253]

[253] Ce discours se trouve dans le recueil de M.

Pallain.

[<i>prononcé le 26 juin 1831._]

«Messieurs,

»Je suis profondément sensible au voeu dont le congrès belge vous a

constitué les interprètes.

»Cette marque de confiance m'est d'autant plus flatteuse qu'elle

n'avait pas été recherchée par moi.

»Les destinées humaines n'offrent pas de tâche plus noble et plus

utile que celle d'être appelé à maintenir l'indépendance d'une nation

et à consolider ses libertés.

»Une mission d'une aussi haute importance peut seule me décider à

sortir d'une position indépendante et à me séparer d'un pays auquel

j'ai été attaché par les liens et les souvenirs les plus sacrés, et

qui m'a donné tant de témoignages de bienveillance et de sympathie.

»J'accepte donc, messieurs, l'offre que vous me faites, bien entendu

que ce sera au congrès des représentants de la nation à adopter les

mesures qui, seules, peuvent constituer le nouvel État et, par là, lui

assurer la reconnaissance des États européens.

»Ce n'est qu'ainsi que le congrès me donnera la faculté de me dévouer

tout entier à la Belgique, et de consacrer à son bien-être et à sa

prospérité les relations que j'ai formées dans les pays dont l'amitié

lui est essentielle et de lui assurer, autant qu'il dépendra de mon

concours, une existence indépendante et heureuse.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 4 · 第 61 / 211 题