M. LE GÉNÉRAL DE PELLIEUX.--«Je ne sais pas...»

Des ricanements l'interrompent.

Il fait un brusque demi-tour, offrant au public l'honnêteté de son

visage rude, et, au fond des yeux caves, la franchise d'un regard

hautain, habitué à d'autres horizons.

D'une voix sans réplique, d'une voix d'officier qui sait arrêter net

une mutinerie de troupes, il cingle toutes les faces souriantes.

M. LE GÉNÉRAL DE PELLIEUX.--«Je demande à ne pas être interrompu par

des ricanements!»

Il reste quelques secondes impassible, immobilisant la foule sous son

regard.

Puis, froidement, il se retourne vers le tribunal.

M. LE GÉNÉRAL DE PELLIEUX.--«Je ne sais pas si l'on a écouté avec

suffisamment d'attention la déposition qu'a faite l'autre jour le

colonel Henry. Le colonel Henry a fait remarquer que le colonel

Sandherr lui avait remis un dossier secret; que ce dossier secret avait

été scellé avant la séance du conseil de guerre, et qu'il n'avait

jamais été ouvert. J'appelle l'attention de MM. les jurés là-dessus.

«Maintenant, quant à la revision du procès Dreyfus sur cette pièce,

qu'est-ce qu'il faut? la preuve...»

M. LE PRÉSIDENT.--«Nous n'avons pas à nous occuper de la revision. Cela

ne peut pas se faire ici.»

Jean Barois · 第 95 / 165 题