AULTRE INSTRUCTION A PART:

Que ce qui plus me fait incister icy aulx choses d'Escoce, et en

solliciter pareillement Leurs Très Chrestiennes Majestez, est

qu'il ne peult revenir que à une merveilleuse diminution de leur

estime et grandeur, de se laysser ainsy arracher comme par force

la Royne d'Escoce et les Escouçoys de leur protection; et de

souffrir que la Royne d'Angleterre leur emporte de leur temps

ceste alliance, qui a esté conservée huict centz ans à la

couronne de France, et laquelle assés souvant luy a esté très

utille, et quelquefoys bien fort nécessaire.

Et je considère que, de s'y opposer meintennant par Leurs

Majestez, ce n'est les mettre en nouvelle guerre, ains plustost

divertir celle qui leur pourroit venir d'icy; ny mettre le Roy en

grandz frays de ses deniers, ains empescher que les Anglois

n'envoyent les leurs en Allemaigne contre luy; ny l'attacher à de

grandes difficultez, car la seule démonstration de vouloir

envoyer mille harquebouziers en Escoce, ou le passaige d'iceulx

seulement, rendra ceste entreprinse achevée sans aulcunement

venir aulx mains, de tant qu'ung chacun juge que la Royne

d'Angleterre ne les sentyra sitost joinctz aulx Escouçoys

partisans pour leur Royne, lesquels à présent sont les plus

fortz, qu'elle ne viegne à telle composition qu'on vouldra; et

si, ne demeurera que plus ferme en la paix, joinct que je n'ay

faict ceste instance, sinon après que, par la conférance de ceulx

qui entendent bien l'estat de ce royaulme, j'ay comprins que

c'estoit jouer à boule veue.

Et puys, je voy que ceulx qui ont persévéré jusques icy en

l'affection du Roy, s'ilz ne sont entretenuz de quelque bon

espoir, voyre de quelque démonstration de son présent secours,

comme de celluy seul entre les princes chrestiens, qui justement

et légitimement peult mouvoir ses armes en ceste cause, ilz se

vont sans aulcun doubte jetter ez braz du Roy d'Espaigne, et bien

que ce ne soit aultant de droict, comme ez braz du Roy, ilz ont

néantmoins desjà leurs messagiers devers luy, et à ceulx là est

desjà faicte promesse de secours; mesme le duc d'Alve leur donne

entendre qu'il est si prest qu'il ne reste sinon que la Royne

d'Escoce envoye son pouvoir et consantement pour l'acepter.

Et de ce, la dicte Dame a naguières receu ses lettres ou bien

celles de son Maistre, car je ne sçay encores duquel des deux;

tant y a qu'on l'asseure fort que, en toutes sortes, elle sera

assistée et aydée à sa restitution par le Roy Catholique, lequel

cependant l'exorte de se réserver libre de son mariage, et de ne

s'obliger à nul, sinon avec l'adviz et bon conseil qu'il luy en

donnera.

Néantmoins commanceans les affères d'Escoce de s'acheminer par la

gracieuse voye de la négociation, que Leurs Majestez m'ont

commandé de fère, j'espère qu'elles succéderont assez sellon leur

désir, sans y fère aultre effort ny despence; mais à toutes

advantures, parce que la malice des ennemys, et la faulte de

cueur des amys, et la jalouzie de ceste Royne contre sa cousine

sont choses que j'ay toutjour fort suspectes, je désire que Leurs

Majestez voyent à clair quel a esté et quel est le cours de ceste

affère, affin qu'ilz puyssent juger quant, et commant, et en

quelle sorte il y pourra fère bon.

Après que j'ay heu, par deux foys, résoluement déclairée à la

Royne d'Angleterre qu'elle ne pouvoit, sans contravention des

trettez, envoyer ses forces en Escoce, et que pourtant elle

debvoit accepter les honnestes condicions et offres que la Royne

d'Escoce luy faisoit, par le moyen desquelles elle obtiendroit,

mieulx que par la force et sans aulcune despence, ce qu'elle

prétandoit, et si, auroit conservé l'amytié du Roy, la dicte Dame

a demeuré quelques jours fort incertaine comme elle en uzeroit;

dont aulcuns des siens, craignantz le changement de sa

dellibération, ont trouvé moyen, il y a envyron quinze jours, de

luy fère signer une lettre au comte de Sussex pour le fère passer

si avant en l'entreprise qu'on ne s'en peult plus retirer.

De quoy m'ayant esté donné adviz, et estant bien informé que la

dicte lettre avoit esté substraicte, j'envoyay incontinent

solliciter ceulx, qui avoient bonne affection en ceste cause, de

le fère entendre à la dicte Dame, et de convaincre vers elle

ceulx qui avoient ozé entreprendre ung tel faict, et qui la

vouloient, contre toute rayson, mettre en guerre avecques le Roy.

Ce que ayant bien oportunéement sceu fère, ilz ont si bien irrité

la dicte Dame qu'elle a monstré d'en estre fort courroucée, et

qu'en toutes sortes elle vouloit sortir par quelque aultre

meilleur moyen hors de cest affère; dont, assignant jour à ceulx

de son conseil d'en venir délibérer devant elle, les ungs, pour

rompre le coup, ont trouvé bon de s'absenter en ceste ville par

prétexte du terme de la justice, et les aultres, ne pouvant

contradire à cella, y sont venuz aussi pour le mesme prétexte,

mais en effect ce a esté pour fère des assemblées séparéement

avec les partisans et amys, pour voir comme ilz pourroient, de

chascun costé, advancer leur intention et retarder d'aultant

celle des aultres.

Et enfin milord Quiper, qui est chef de la partie contraire,

après avoir bien consulté avecques les siens, avoit, au partir de

ceste ville, délibéré de s'en aller en la contrée pour allonger

et interrompre la matière; mais le comte d'Arondel le prévint en

son propre logis, et le somma de se trouver, le IIIe jour après,

devers la Royne leur Mestresse pour résouldre cestuy et aultres

très urgentz affères, «qui ne pouvoient, disoit il, sans mettre

la dicte Dame et son royaume en grand dangier, estre plus

prolongez.»

Icelluy Quiper, en grand collère, luy respondit qu'il ne

délibéroit de retourner en court, qu'il ne fût plus de trois foys

fort expressément appellé, veu que la Royne tenoit si peu de

compte d'observer les choses une foys arrestées, et qu'elle

mesprisoit à ceste heure ses conseilz, et ne recepvoit plus sinon

ceulx qui luy estoient très dommaigeables, ès quelz il ne vouloit

en façon du monde intervenir.

Le comte répliqua que à la charge qu'il avoit ne convenoit bien

de gouverner ainsy ce royaulme par collère, car c'estoit par

rayson et justice qu'il le debvoit modérer, et qu'il se sçauroit

aussi bien courroucer que luy s'il vouloit; mais qu'il prévoyoit

ung si grand inconvéniant d'une généralle sublévation en ce

royaulme et de tant de guerres avecques les estrangiers, qu'il ne

pouvoit pour son debvoir différer plus longtemps d'en avertyr sa

Mestresse, et qu'il falloit que luy, comme son premier

conseiller, s'y trouvast présent pour en dellibérer, ce que, s'il

reffuzoit de fère, qu'il fût asseuré qu'il luy seroit reproché;

et que, absent ou présant, il ne lairroit de bien chanter les

vespres au secrétaire Cecille, car ce n'estoit que d'eulx deux

que procédoit le retardement de toutz les affères de ce royaume.

Cella fut lors cause que le dict Quiper s'estant ung peu remiz,

et estant le propos venu à plus gracieulx termes entre eulx, ilz

se promirent l'ung à l'aultre de se trouver, le cinquiesme jour

après, à Amptoncourt.

Pendant laquelle assignation, le secrétaire Cecille fit tout ce

qu'il peult pour destourner la dicte Dame de son bon propos, et

luy oza bien dire assés licentieusement, présent le comte de

Lestre, qu'elle s'en alloit habandonnée de ses meilleurs

serviteurs, puysqu'elle se vouloit ainsy précipiter d'elle mesmes

en ung manifeste et trop certain péril de sa propre personne et

estat par la restitution et dellivrance de la Royne d'Escose.

A quoy, en collère, elle luy demanda comme il cognoissoit cella,

car jusques à ceste heure, elle n'avoit ouy nulle rayson de luy

là dessus qui ne fût playne de passion et de hayne, et comme il

ne respondoit rien, le comte de Lestre dict: «Voyez, Madame, quel

homme est le secrétaire, car se trouvant hier avec nous tous à

Londres, il asseura qu'il vous donroit conseil de restituer la

Royne d'Escoce, et meintennant il parle en toute aultre

façon.»--«Ainsy, respondit elle, me raporte il plusieurs choses

assés souvant de vostre part, qui puys après est tout le

contraire. Quoyqu'il y ayt, maistre Secretary, dict elle, je

veulx sortyr hors de cest affère et entendre à ce que le Roy me

mande, et ne m'en arrester plus à vous aultres frères en Christ.»

Sur cella, m'estant arrivée la dépesche du Roy du IIIIe de may,

il a esté le plus à propos du monde que j'aye faict ceste

troisième recharge, du XXIIe du dict moys, à la dicte Dame, comme

je luy ay desjà mandé, par laquelle voyantz les adversayres

qu'elle se layssoit conduyre à la rayson, et que desjà elle

m'accordoit de retirer ses forces hors d'Escoce et de procéder à

la restitution de la Royne sa cousine; après que j'en ay heu

aussi parlé au conseil, ilz ont préparé l'ung d'entre eulx pour

venir, en présence des aultres, tenir le merveilleux et bien

insolant propos qui s'ensuyt;

C'est de dire à la dicte Dame «qu'elle estoit estrangement pipée

et trompée en ceste affère, car il estoit désormais trop clair

que ceulx, de qui elle commançoyt de suyvre le conseil, estoient

toutz gens partiaulx et bandez contre elle en faveur de la Royne

d'Escoce, et qu'il n'y avoit rien plus aparant et vraysemblable;

que les propos de moy ambassadeur estoient emprumptez, ou de Mr

le cardinal de Lorrayne qui m'avoit mandé d'ainsy parler, ou de

la Royne d'Escoce qui m'en avoit prié; et que, veu les affères

que le Roy avoit chez luy, il n'estoit pour mander et encores

moins pour fère ce que je disoys; et que desjà l'on avoit passé

si avant aulx choses d'Escoce qu'il n'estoit plus temps de s'en

retirer, ny la dicte Dame ne pourroit désormais, sans dangier et

sans perdre trop de réputation, rappeller ses forces de

Lislebourg; mais que, si elle poursuyvoit son entreprinse, il

estoit trop évidant que l'Escoce s'en alloit conquise, et les

Escouçoys toutz renduz ses subjectz et tributaires, et son

authorité establye au dict pays, et sa religion à jamais

confirmée par toute l'isle;

»Que ce qu'il disoit estoit ung bon et droict conseil, et ce

qu'on alléguoit au contraire estoit tout faulx et suspect, et

qu'il vouloit mourir pour une si digne querelle, laquelle

convenoit à la grandeur et dignité de la couronne d'Angleterre,

non de se mouvoir ainsy ny de changer de délibération pour les

parolles d'un ambassadeur, comme il sembloit que la dicte Dame

vouloit fère, et que le Roy, Henry VIIIe, n'eust pas lasché

prinse, ainsy que honteusement et misérablement l'on le

conseilloit à elle de le fère; et qu'il offrait, au cas que, pour

l'amour de la Royne d'Escoce, les Françoys passassent de deçà,

que luy mesmes luy yroit trancher la teste, s'il playsoit à la

Royne luy en bailler la commission, s'atachant particullièrement

au comte de Lestre comme pour le taxer qu'il ne se monstroit

fidelle en cest endroict à sa Mestresse.»

Le comte luy a respondu «que ces propos estoient d'ung homme

indigne d'estre au conseil de la Royne, et que, de sa part, il

l'avoit conseillée droictement sellon conscience et honneur, et

sellon qu'il estoit dellibéré de vivre et mourir en l'opinion

qu'il luy avoit donnée, et mesmes à maintenir, contre quiconques

vouldroit dire le contraire, qu'il ne luy avoit rien dict qui ne

fût digne d'ung très bon et très fidelle conseiller, serviteur et

subject; et puysqu'ilz en venoient là, qu'ilz fissent tout le piz

qu'ilz pourroient de leur costé, et que la dicte Dame regardât

quel party elle vouldroit prandre, car luy et plusieurs aultres

estoient résoluz de persévérer à jamais en leur délibération.»

La dicte Dame, se trouvant en perplexité, a respondu en collère

au premier qui avoit parlé, «que ses conseilz estoient toutjour

semblables à luy mesmes, qui ne luy en avoit jamais donné que de

témérayres et dangereux, et que, tant s'en falloit qu'elle vollût

avoir ung aultre royaulme au pris qu'il disoit de la vie de sa

cousine, qu'elle aymeroit mieulx avoir perdu le sien que de

l'avoir consenty; et qu'il n'entreprint sur sa teste de tenir

jamais plus un tel langaige, et qu'au reste eulx toutz mettoient

ses affères, et elle, et son estat, en grand dangier, de se

porter ainsy tant contraires et opposans en leurs opinions.»

Sur cella, après quelque peu de silence, le comte d'Arondel a

commancé de dire «que la collère, ny la passion, ny la hayne ou

amytié, qu'on pouvoit avoir à la Royne d'Escoce, ne les debvoit

mouvoir de donner conseilz précipitez ni dangereux à leur

Mestresse, ny de venir à nulle contention entre eulx, ains

procéder en tout par prudence et modération; et que luy vouloit,

en présence d'elle et de son conseil, librement dire qu'il estoit

trop clair qu'en l'entreprinse d'ayder une partie des Escouçoys

qui estoient désobéyssantz, ou qui avoient quel autre prétexte

que ce fût contre leur Royne Souverayne, ne pouvoit avoir rien

de seurté, ny d'équité, ny de proffict, ny rien aultre chose que

force difficultez, force despences, une très mauvaise estime des

gens de bien, une grande offance des aultres princes, et une très

certaine ouverture de plusieurs guerres, que la dicte Dame et son

royaulme n'estoient pour pouvoir soubstenir;

«Que c'estoit mal juger des parolles miennes, qu'elles fussent

empruntées, car jusques icy l'on les avoit trouvées conformes à

celles du Roy Mon Seigneur, et leur mesmes ambassadeur par ses

lettres les avoit souvant confirmées; et qu'on n'avoit encores

veu, quant ung ambassadeur d'ung si grand prince avoit

résoluement dict _ouy ou non_, qu'il se trouvât puys après

aultrement; car seroit exemple fort nouveau, qu'ung ambassadeur

se mît en dangier d'estre désadvouhé, et n'en fauldroit plus

envoyer si l'on en venoit là; par ainsy, qu'ayant esté mon dire

clair et exprès, il n'y avoit point de doubte qu'il ne fût

procédé du commandement et de l'intention du Roy Mon Seigneur;

»Qu'il n'y auroit ny honte, ny dangier, de se retirer de ceste

entreprinse d'Escoce; de honte, parce que cella se feroit sur

l'instance et prière d'ung grand Roy pour conserver la paix et

les trettez, lequel promettoit non seulement de n'attempter rien

de son costé, mais d'accomplir toutes choses à l'advantaige de la

Royne; et encores moins de dangier, car ne seroit mal aysé de

ramener les gens qui estoient à Lislebourg jusques à Barvich,

sans qu'on en perdit pas ung;

»Que possible le Roy Henry VIIIe n'eust pas vollu lascher prinse,

mais de son temps l'Angleterre estoit en meilleure disposition et

mieulx unye que meintennant, et si l'avoit il merveilleusement

espuysée et ruynée pour les guerres de France; ès quelles

toutesfoys il n'avoit jamais ozé rien entreprendre qu'il n'eust

ung Empereur pour compaignon, là où tant s'en failloit qu'on

peult fère meintennant estat du Roy Catholique, son filz, que au

contraire l'on l'avoit bien fort offancé, et si enfin les

entreprinses du Roy Henry en France estoient tornées à rien; que

pourtant la dicte Dame advisât de prendre l'expédiant qui plus

luy pouvoit admener de paix et de seurté en son royaulme, qui

plus luy pouvoit confirmer l'amytié des aultres princes, et qui

plus pouvoit justiffier la droicture de ses intentions envers

Dieu et les hommes.»

A ceste opinion ayant celluy du conseil, qui est le plus homme de

guerre, adjouxté qu'il se offroit d'aller luy mesmes retirer les

Anglois, qui estoient à Lislebourg, en si bonne sorte que, sans

aulcun dangier et à l'honneur de la Royne, il les reconduyroit

toutz à Barvich, il fut conclud qu'on advertiroit incontinent le

comte de Sussex de l'accord d'entre la dicte Dame et moy, pour

donner ordre qu'on n'eust à fère nulle entreprinse davantaige

dans l'Escoce.

Mais, le lendemain, survint ung inconvéniant qui cuyda tout

gaster, car ayant l'évesque de Roz escript une fort courtoyse

lettre au comte de Lestre pour obtenir de la Royne qu'elle luy

vollût donner audience, affin d'avoir confirmation de sa bouche

des choses que je luy avois dict qu'elle accordoit, pour les

pouvoir, plus seurement escripre; elle ne se peult tenir qu'elle

ne dict au dict comte que la lettre l'arguoit de souspeçon, qu'on

luy imposoit, d'avoir trop prins à cueur le party de la Royne

d'Escoce: laquelle parolle le piqua si fort qu'après s'estre

plainct de ce qu'elle vouloit ainsy tourner l'honnesteté de la

lettre à son trop grand préjudice, il luy dict: «qu'il ne luy

avoit jamais donné occasion de penser aultrement de luy que comme

d'ung sien bon conseiller, qui a toutes les obligations du monde

de ne luy estre jamais aultre que son très obéissant et très

fidelle serviteur;

«Que, en ce qu'il luy conseilloit de la Royne d'Escoce, il

croyoit, comme en Dieu, que consistoit tout son repos et sa

principalle seurté, et que de fère le contraire estoit sa ruyne

et destruction, et qu'il ne changerait jamais d'adviz, estant en

elle de suyvre lequel qu'elle vouldroit; mais que, pour ne luy

donner aulcun souspeçon de luy, il se privoit désormais fort

vollontiers de n'entrer plus en son conseil.» Et ainsy s'en

partit pour lors, et s'en vint à Londres, bien que, incontinent

après, la dicte Dame luy envoya, et au marquis de Norampton, une

commission pour parler au dict évesque de Roz, affin de luy

confirmer les choses qu'il desiroit, car pour encores elle ne le

vouloit admettre en sa présence; toutesfois cella a esté rabillé

despuys, et le dict comte mesmes a faict parler le dict évesque à

la dicte Dame.

Ceste tant grande division de court, laquelle est encores plus

grande dans le royaulme, est cause dont, pour ne laysser

intéresser le Roy ny sa couronne d'une si ancienne alliance, j'ay

ainsy entreprins de m'oposer à ceulx de ce conseil qui

s'esforcent de la luy oster, qui ne sont personnaiges guières

principaulx, ny bien fort authorizez, pour me joindre aulx

aultres qui font tout ce qu'ilz peuvent pour la luy conserver,

qui sont les premiers et plus nobles de ce royaulme, et d'en

escripre ainsy que j'ay faict à Leurs Majestez.

Correspondance Diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon, Tome Troisième · 第 119 / 318 题